7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 13:54

Le Seven Casino d’Amnéville, ne vous y trompez pas, est bien un casino, avec tout ce qu’il compte de gens hallucinés accrochés aux machines à sous et de wannabe Bruel aux tables de poker. Mais ce qui nous intéresse est en bas : une petite salle de spectacle toute moquettée et basse de plafond. Et là, surprise, le public donne l’impression d’avoir passé une frontière sociale en descendant l’escalier : tout ce que la Lorraine compte de t-shirts The Kooples se presse devant la scène. Pendant une seconde, je me demande si je me souviens bien de la chanteuse naturelle et funky que j’avais vu un jour dans une interview, ou si par hasard ici ce ne serait pas plutôt le concert de Sissy Mood and the Brick, sombre groupe alternatif parisien tellement hipster qu’il n’existe pour l’instant que dans mon esprit tourmenté. Bref, le public de Lilly Wood and the Prick au Seven Casino, c’est une étude sociologique à lui tout seul, composé à 50% de bottines/slim/trucs vintage, accrochés aux bras de 50% de barbiche/Wayfarer/bonnet. Des jeunes hommes qui ont l’air de se demander ce qu’ils font là, et me regardent comme s’ils ne savaient pas ce que je fais là non plus, vu que j’ai pas revêtu mon uniforme comme tout le monde. J’en déduis (à tort, mais vous verrez ça plus tard), que ce sera de la musique mélo de fille qui traîne son mec à un concert (parce qu’il va y avoir « leur » chanson).

J’abandonne un peu ma circonspection devant première partie qui me dit « no no no » dans un
anglais chewing-gum, sur des airs rock plutôt efficaces. Ca se trémousse un peu chez The Kooples.
Tout aveu à faire, ce groupe était fort sympathique, mais je n’ai aucune idée de leur nom, faute de présentation, et il est introuvable via les sites concernant Lilly Wood. (si vous me lisez, faites coucou, faites promo.)

LillyWood-copie.jpg

Passée cette introduction, Nili, la susmentionnée chanteuse naturelle et funky, entre sur scène avec le reste du groupe, et le choix de la première chanson m’a autant minée qu’emportée : très sombre, la voix de la chanteuse nous plonge dans une atmosphère mélancolique, profonde, presque glaçante.
C’est à la fin de cette chanson magnifique et déchirante que je commence à comprendre, alors je
reviens sur terre avec les cris enthousiastes du groupe qui chauffe le public : non, Lilly Wood and the Prick n’est pas un groupe de hipsters et de filles qui emmènent leur mec à un concert. C’est un groupe complètement barré et sympathique qui cherche à faire passer de l’émotion à travers sa musique, le fait souvent de façon décalée, mais fait mouche à chaque fois. Difficile de ne pas rester scotché, yeux grands ouverts, devant tant de force et d’agitation sur scène. Romantique ? Oui, certainement. Plombant ? Finalement, pas du tout. Le batteur ne fait pas de figuration, et les envolées vocales de diva de Nili me rappellent que Down the Drain et This is a love song sont si efficaces qu’ils ont servi de fond sonore pour des spots TV de marques haut de gamme. Et si efficaces que j’ai oublié que j’étais fourrée aux aprioris il y a encore quelques minutes, et que je fredonne, les bras en l’air, bien prise au jeu de ce concert qui fait énormément participer un public qui le lui rend bien. En plus de savoir exploiter la touche particulière d’instruments variés (flûte traversière, tambourin, keytar...), toute l’identité du groupe repose sur une fraîcheur et une énergie qui emporteraient le plus réfractaire des spectateurs. Impossible de ne pas répondre aux questions chaleureuses de Nili, de ne pas être touché quand elle parle de donner de l’amour au public, et de ne pas crier quand elle en réclame. Lilly Wood and the Prick, c’est l’un de ces trop rares groupes à l’identité très marquée et en même temps indéfinissable ; c’est le naturel de la folk, le délire de l’électro, l’énergie du rock et l’efficacité de la pop, un mélange fou servi ici par un véritable spectacle live. Pas besoin de scénographie ou d’effets complexes, l’éclairage un peu mystique et très intimiste sert parfaitement l’ambiance. Le groupe occupe son espace comme s’il était chez lui, et ça finit, comme dans une vraie fête, tous vautrés sur la batterie à force d’avoir sauté partout.

En sortant de ce concert, j’avais envie de chopper tous les types aux machines à sous par le col et de leur dire d’écouter « Lilly Wood and the Prick, vous avez de quoi noter ? Parce que c’est trop bien hein ! ». En bref, ce groupe pourrait emporter bien plus de spectateurs et d’auditeurs qu’il n’en a, et je ne saurais que conseiller à tous, tous goûts musicaux confondus, de tomber amoureux de leur  album " The Invincible Friends ". Et surtout, de ne pas les oublier en attendant leur prochain album, actuellement en cours d’enregistrement, et surtout leur prochaine tournée. Et oui, le hasard m’a emmenée au tout dernier concert d’un long road trip musical… C’est la fin d’une page, mais soyez prêts pour la suivante !

 

Article & Illustration : Marine Pellarin

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 15:32

Notre chroniqueur Môssieur Louis s'est lancé à la conquête du rock Jean-Louis Murat début novembre, essayant de confronter son amour du bonhomme sur album à la version en live.

Pour le moi, la rencontre fut... authentique.

Récit :

 

Bonjour, chers lecteurs de Melting Actu.

 

j'en est marre que mes parents m'écoute pas même quand je parle a mes amies j'ai l'impretion qu'elle sen foute c'est jore les réponse oué  vous savez le truc oué jm'en fou de se que tu dis nan mais franchement j'en es marre moi JE VEUX ÊTRE ENTENDU c'est bon jlé dis rale cul de c'est parents et ses pote qui écoute pas est sen foute jleur dis que je veux etre chanteuse il dise que c'est pas un truc pour moi juste DEUX je dis bien DEUX amies croive en moi j'arrive pas a croire bon ok ma bff me crois mes bon c'est comme toute les meilleure mie mais au moins elle me crois vous savez quoi l'année prochaine je monte un groupe et la mes parents ne pourrons plus me dire que se n'est pas pour moi enfin bref sa me soulage de dire même si je sais que vous vous en fouter bon ba alors 
BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIG KIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS GUYS

 

Je sais ce que vous vous dites : c’est mal écrit, ça n’a aucun sens et c’est plutôt moche ; bref, Môssieur Louis, il se fout carrément de notre gueule. Et c’est un peu le sentiment que j’ai eu lorsque j’ai quitté l’Autre Canal après avoir assisté au concert de Jean-Louis Murat. Pour information, les quelques lignes écrites précédemment sont tirées d’un blog à la gloire du chanteur canadien pré-pubaire Justin Bieber. Si votre vie ne vaut pas la peine d’être vécue et que vous voulez vérifier, vous le trouverez ici : http://fic-hot-justin-bieber.skyrock.com/

 

Tout d’abord, interdiction fut faite de pratiquer le noble art qui est celui de voler l’image des artistes afin de rendre compte visuellement de la soirée, c’est-à-dire de prendre des photos, et ce pour l'ensemble des médias présents. Nous vous proposerons alors une illustration fidèle du concert :

 

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Soit, au mieux quelque chose de bâclé, au pire juste quelque chose de carrément moche.

 

Voir les deux.

 

Cependant, on comprend assez vite pourquoi le Clermontois a interdit toute photo. S’il n’est pas de bon ton de se moquer du batteur au tour de taille nécessitant un objectif panoramique, par contre il est tout à fait correct de s’étonner de la tenue de scène de Jean-Louis Bergheaud : jean pourri sous une chemise trop large, arborant des rayures pailletées, que n’aurait pas reniée Jean-Claude Duss à la soirée célibataire du Macumba Club, cachant mal le poids des ans, ou le poids tout court.

 

Je sais ce que vous vous dites : Môssieur Louis ne peut s’empêcher d’être condescendant et s’en prend aux fringues ce qui est interdit par une loi dont j’ignore les origines mais qui n’arrange pas mes affaires. Mais en parlant d’affaires, que dire du look néo-blaireau du clavier exhibant fièrement une chemise à imprimés représentant de petites pommes, surmontée d’un gilet ni à sa taille, ni accordé à la chemise. Tout à fait le genre de mec qui pense que s’habiller dans une friperie en y choisissant les fringues avec un bandeau sur les yeux est la dernière tendance à Paris. Celui-ci pousse l’exploit de rendre les chansons de l’artiste qu’il accompagne aussi mal fagotées que ses vêtements, ou ce qu’il en reste, par des nappes qui nous rappellent que les années 80 (pour ceux qui les ont vécues) c’était vraiment de la merde.

 

N’oublions donc pas qu’au milieu du défilé Emmaüs, il y avait un concert et donc des chansons. Jean-Louis Chemise-Moche fit la part belle à son dernier album (Grand Lièvre). Il faut dire que le râleur du Massif Central sort plus de chansons et d’albums que Berlusconi de minettes à ses Bunga-Bunga. Le choix est donc vaste. Son dernier album sert de fil rouge ponctué de quelques références à ses anciennes productions.

 

Amateur de Jean Pourri Murat depuis sa collaboration avec Isabelle Huppert sur Madame Deshouillères en 2001, j’eusse dû être ravi. Mais après avoir foulé du pied les raisons de la présence de ma fidèle et charmante photographe, puis imprimé sur ma rétine des images nourrissants mes pires cauchemars pour les dix prochaines années, Jean-Louis Bide Apparent exécutât froidement ses meilleures chansons tel un terroriste d’extrême gauche des années 70. Ce n’était plus Jean-Louis Murat et son Band mais la bande à Baader-Meinhoff, luttant à mort et sans remords contre le bon goût musical.

 

À un moment, je me suis demandé si des enfants de l’école de musique, section débutants, ne s’étaient pas grimés en adultes afin de fêter Halloween à leur manière, interprétant les plus grands succès de Luis Mariano à la façon des Sex-Pistols.

 

Hormis le clavier, Jean-Louis Paillettes était accompagné d’un batteur et d’un bassiste dont on ne sait plus s’il rendait un hommage capillaire aux Beatles ou à Justin Bieber.

 

Et je ne parle même pas de l’extrême timidité de l’auvergnat qui daignât adresser un mot au public après une heure de concert. Je cite : « Merci… »

 

Vous l’aurez sans doute compris, je n’ai pas aimé ce concert. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes encore sur le blog cité plus haut. Ou que vous appliquez déjà la méthode pour s’habiller branchouille. Alors si vous voulez bien retirer le bandeau pendant quelques instants, j’aimerais terminer cette chronique par une note plus positive en vous conseillant quelques albums de Jean-Louis Murat que je possède, apprécie et que j’écoute régulièrement :

 

2001 : Madame Deshoulières ;

 

2002 : Le moujik et sa femme ;

 

2004 : A bird on a poire ;

 

2006 : Taormina.

 

Chronique : Môssieur Louis, Illustration : Cécile Kremer.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 18:19

         Pour ouvrir le bal, rien de tel qu'Alela Diane, une jeune américaine de 29 ans accompagnée de son groupe - formé durant l'été 2010 : Wild Divine. C'est en compagnie de son père, son mari et d'amis proches qu'Alela se présente au public nancéen et pour le reste de sa tournée européenne.

 

 

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Sa voix unique se révèle être à la fois douce, puissante et désarmante. Sont interprétés avec brio plusieurs titres du tout dernier album "Alela Diane & Wild Divine", gros coup de cœur pour les versions live de "The Wind" et "Elijah".

Le temps de quelques morceaux, elle partage les jeux de cordes, la scène et l'ambiance des Nancy Jazz Pulsations en duo avec son père. Deux voix qui s'allient, forcément, à merveille et nous font frissonner et vibrer.

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Puis, quelques accords familiers nous viennent aux oreilles et la salle acclame "The Rifle", titre de l'album "Pirate's Gospel" qui l'a révélé au grand public. Alela nous fait le cadeau de nous offrir également une magnifique version de "Tired Feet" et revient enfin sur scène pour nous interpréter seule à la guitare "Oh my mama", d'une beauté et d'une douceur qui laissent sans voix.

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Il nous fallait à tous quelque chose de détonant et pêchu pour oublier le départ de labelle Alela Diane... Et nous avons eu ce qu'il nous fallait : Asa et ses musiciens.

La nigériane nous a présenté son dernier album "Beautifu lImperfection" ainsi que plusieurs titres de son premier album éponyme, comme "Fire on the Mountain" ou encore "Jailer".

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La belle énergie d'Asa nous transporte dans son monde aux multiples inspirations : rock, folk, blues et soul. Sa voix grave et chaude nous fait voyager, nous offrant même quelques titres en yoruba, langue nigéro-congolaise. Et bien entourée de ces nombreux musiciens, elle a rendu le Chapiteau de la Pépinière enthousiaste et a fait danser tout le monde jusque dans les gradins !

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C'est maintenant au tour de Kid Creole et ses voluptueuses Coconuts de faire leur entrée sur scène. Dès le premier morceau, on est pris dans le jeu du personnage excentrique et survolté des eighties d'August Darnell. Le public assiste ainsi à un show visuel : véritable défilé de costumes colorés, chorégraphies travaillées et jeux de lumières en conséquence.

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Le Chapiteau adhère totalement aux tonalités "disco-funk-jazzy" du groupe, notamment avec la version de "My Boy Lollipop" que nous offrent les trois belles choristes et qui fait bouger tout le monde.

 

En somme, ce samedi 15 octobre nous aura offert un beau cocktail pour la soirée de clôture du cru 2011 des Nancy Jazz Pulsations.

 

 

Article et photos : Elise Ruiba

 

 

 

Plus de photos de Alela Diane :

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Plus de photos de Asa :
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Plus de photos de Kid Creole et ses voluptueuses Coconuts :

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 14:53

Trois ans après le très mélodieux « The Illusion of Progress », Staind, groupe de rock/métal américain, revient sur le devant de la scène pour présenter son tout dernier opus : « Staind ». Comme à son habitude, le groupe a fait un passage à Paris ce 12 octobre pour prouver à leur public français que, quinze ans après leur premier album, ils sont toujours capable d’envoyer du lourd sur scène…

 

Cela fait maintenant huit ans que, pour ma part, j’ai découvert Staind. Comme beaucoup d’entre vous, c’est avec les titres Outside et So Far Away (respectivement extraits des albums « Break the Cycle » et « 14 Shades of Grey ») que j’ai eu mes premières expériences avec le groupe. Staind, fondé en 1994 dans le Massachusetts, a eu l’un des parcours les plus atypiques qui soit, musicalement parlant. Ainsi, si leurs deux premiers albums étaient résolument métal, l’arrivée de guitares acoustiques et de ballades sur leur troisième album sonnera le glas, pour beaucoup de fan, de la formation. Après trois albums confirmant cette tendance à s’éloigner de la violence pour venir caresser la douceur, Staind prend, avec son septième album, un tournant décisif dans sa carrière. Se séparant de son batteur, le groupe opère un magnifique retour aux sources et livre un album plus sombre et plus violent que tout ce qu’il a pu produire ces huit dernières années.

 

Pour fêter l’évènement, c’est hors des frontières de notre région Lorraine que je me suis rendu pour vous, rompant ainsi quelque peu la tradition de Melting-Actu. Car comme à son habitude, Staind ne proposera qu’une seule et unique date française dans sa tournée, le groupe ne faisant pas l’unanimité dans notre pays. C’est à la Cigale, à Paris dans le quartier de Montmartre, que les quatre américains ont choisi d’élire domicile en ce début d’automne.

 

19h20. Après quelques minutes d’attente, j’entre pour la première fois dans une des salles les plus anciennes et les plus connues de Paris. L’ancien théâtre, aujourd’hui réaménagé complètement en salle de concert, présente toujours quelques attributs de sa vie passée : décoration riche et couleur rouge dominante, balcon typique, plafond décoré et gravures compliquées… Le tout donnant à l’ensemble un charme et une atmosphère que l’on ne trouve, malheureusement, pas dans les grandes salles actuelles. De plus, l’endroit est plutôt petit, offrant une sensation immédiate d’intimité.

 

À ma grande surprise et malgré mon entrée plutôt tardive dans les lieux, la fosse est quasiment vide. Seuls les trois premiers rangs de spectateurs sont occupés. Pour le reste, les gens sont tous debout autour de la fosse, sur ce que l’on pourrait appeler le premier balcon, ou carrément assis sur les sièges derrière la console de l’ingénieur son. Je descends immédiatement le plancher incliné de la fosse (système ingénieux permettant à tous d’avoir une excellente vue sur la scène) et rejoins le quatrième rang en formation, à un peu moins de deux mètres de la scène. Derrière moi, la salle se remplit tranquillement pendant les trente minutes qui suivent mon installation. À 20h00, les lumières s’éteignent, et la salle, désormais pleine, laisse échapper les éternelles acclamations d’un public qui voit enfin se profiler le moment tant attendu.

 

April Divine fait son apparition sur la scène de la Cigale. Le groupe de rock suédois, que l’on pourrait situer entre Hoobastank et Muse, envoi immédiatement du lourd et conquiert une bonne partie de l’assistance en seulement deux ou trois morceaux. Une prestation propre et carrée pendant laquelle le frontman n’hésitera pas à s’adresser à l’audience dans la langue de Shakespeare qu’il maîtrise parfaitement. Pris d’une frénésie, semble-t-il incontrôlable, le second guitariste, à gauche sur scène, ne cessera de sauter et de secouer la tête dans tous les sens, faisant voler sa longue chevelure au rythme des morceaux. Idem pour le bassiste qui, de l’autre côté de la scène, agitera ses dreadlocks comme un fou, tout en martelant son instrument. La basse sera le point faible de cette prestation, non pas par la qualité du jeu, mais par les réglages adoptés, rendant quasi inaudible la seconde guitare et ses soli. Mais peu importe, le groupe quittera la scène sous les applaudissements au bout d’une quarantaine de minutes de prestation et reviendra dans le hall à la fin du concert pour discuter avec le public et signer quelques autographes. Une bonne découverte en somme.

 

Mais il est bientôt 21h00 et la salle commence à s’impatienter. Voilà plus de cinq minutes que rien ne se passe sur scène et le public a hâte de voir enfin débarquer Aaron Lewis et sa bande. S’il est une chose à savoir sur la Cigale, c’est que la ponctualité y est de rigueur. Ainsi, Staind ne montera sur scène qu’à 21h00 précise, pas une minute avant, pas une minute après. L’obscurité tombe à nouveau. Les hurlements sont assourdissants. Aaron s’avance avec sa guitare jusqu’au micro et c’est parti.

 

Il est inutile d’entrer dans les détails de la setlist qui était, selon moi, parfaite. Un savant mélange entre l’ancien et le nouveau, particulièrement axée sur les morceaux métal, mais ne négligeant pas pour autant les ballades. De plus, le groupe n’a pas succombé à la facilité de faire un « quart d’heure tranquillité » en envoyant toutes les chansons « calmes » les unes après les autres. En effet celles-ci arrivaient plutôt au moment où l’on s’y attendait le moins, permettant aux fans de reprendre leur souffle avant de recommencer à s’agiter.

 

La prestation est impeccable. Mike Mushok s’agite comme un fou avec sa guitare tandis que Johnny April, plus calme, reste bien concentré sur sa basse, sans oublier d’adresser quelques signes à la foule devant lui. Le batteur restera dans l’ombre, plutôt discret, faisant son travail correctement, mais n’étant pas réellement considéré comme un membre du groupe en raison de son statut temporaire.

 

Plutôt distant et apparemment perturbé par un élément extérieur, Aaron Lewis, chanteur et guitariste du groupe, se détendra et se montrera même souriant à partir du cinquième morceau. Il limitera ses interventions parlées à des annonces de titres de chansons à peine articulées et se focalisera plus sur la qualité de son chant et de son jeu de guitare. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Monsieur Lewis sait ce qu’il fait. L’une des plus belles voix de la scène rock actuelle se laissera aller à prolonger des notes à la limite de l’humain, s’attirant ainsi les acclamations d’une foule depuis bien longtemps conquise par l’organe de l’artiste. Il demandera au public de l’accompagner sur So Far Away, morceau phare du groupe, et se laissera surprendre lorsque, spontanément, l’assemblée reprendra seule et en chœur le dernier refrain de Outside, magnifique ballade du groupe. Un moment fort en émotion pour Lewis qui ne pourra dissimuler un léger tremblement de voix en annonçant au public qu’il les remerciait d’être toujours présent après autant de temps.

 

Le concert s’achèvera après une (trop courte) heure et demi avec un Aaron Lewis devenu plus bavard et souriant, interprétant, en duo avec Mushok, le dernier morceau de leur nouvel album, Something to Remind You. Accompagné tout le long du titre par le public, profitant d’une dernière occasion de chanter avec le groupe, Staind quittera définitivement la scène à 22h30, laissant les lumières se rallumer sur ce qui fut, à n’en pas douter, l’un des meilleurs concerts auquel beaucoup d’entre nous ont pu assister.

 

Article : Dom Panetta

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 08:33

    Bonjour, chers lecteurs. S’il m’a manqué d’écrire ici autant que vous attendiez avec une frénétique impatience de me lire, alors nous ne serons pas loin d’atteindre ensemble un orgasme culturel par écran interposé.

 

Ce lundi 10 octobre 2011, je fumais docilement une tisane de grand-mère tout en sirotant avec gourmandise un cigare « café-crème », allongé sur la moquette soyeuse de ma bibliothèque, tout en me demandant quel sens donner à ma vie. J’avais en partie répondu à cette question en glissant un bulletin « Jean-Michel Baylet » dans l’urne de la démocratie participative, comptant sur l’accent méridional pour mettre fin à la crise financière. Lorsqu’au travers de mon iphone endeuillé, la douce voix d’Ugo, notre rédacteur en chef bien-aimé, me sortait de cette torpeur que m’envient même les moines bouddhistes.  

Il me demandait si j’allais bien. Je répondais que oui, plutôt pas mal. Il me précisait que j’avais une jolie voix. Je lui signalais que j’étais au courant puisque je l’entendais tous les jours et que la sienne était pas mal non plus. Il me demandait si je voulais bien remplacer au pied levé la chroniqueuse de ce soir. Je lui répondais que oui. Il me saluait. Je le saluais à mon tour. Bref : j’allais chroniquer The Do et Catherine Ringer ce soir.

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Je parcourais donc les allées automnales du Parc de la Pépinière à Nancy, accompagné de ma chère et tendre photographe. Elle allait shooter comme une dingue et j’allais chroniquer comme un fou. Nous allions être les Bonnie and Clyde de la presse musicale, les Marilyn and John de la couverture de concert, les Martine and François de… non, rien !

 

 

Si le chapiteau peut accueillir près de trois milles personnes, force est de constater qu’il sonnait un peu creux lorsque nous arrivâmes. Manifestement, les nombreux spectateurs attendus avaient acheté un billet pour voir de préférence la seconde partie et n’étaient pas pressés d’arriver. Ce qui n’était pas le cas de The Do. Le groupe franco-finlandais arrivait à l’heure et en courant. Ils étaient peut-être également impatients d’entendre la moitié des Rita Mitsouko.

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Le set durait un peu plus d’une heure durant lequel le combo enchaînait les compositions folks matinées de son électro. Il fallait accorder à Olivia Merilahti, la chanteuse, une présence assez hypnotique et une voix modifiée dans une pédale d’effet qui n’enlevait rien à la performance vocale. Le chant était clair, précis et puissant.

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 Ils plaçaient intelligemment leur succès, On my shoulders, au milieu du concert, ravissant les fans tandis que la chanteuse retirait le bébé phoque décédé bonnet de fourrure qu’elle portait sur la tête, rappelant à l’audience ses origines barbares finnoises. The Do parvenait à faire se décoller du Sol, un public Fasciné par une Mise en scène ussie et une performance muSicale proche de La perfection. (Oui, j’en rajoute un peu mais il fallait bien que j’aille au bout de cette stupide blague)

 

 

 

Quelques minutes plus tard, tandis que je dégustais une coupe de champagne allongé sur le comptoir du bar réservé au VIP sous le regard courroucé des hôtesses d’accueil, j’observais des ronds se former de manière régulière à la surface de mon breuvage pétillant. Ils étaient produits par les ondes sourdes de la batterie, annonçant le début du prochain concert. Ma chère et tendre était déjà en train de jouer des coudes de l’autre côté de la barrière afin de vous ramener quelques clichés. La salle était désormais pleine à craquer pour voir et entendre la voix de feu les Rita Mitsouko.

 

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Catherine Ringer arrivait simplement, sans artifice ni jeu de scène et lançait le concert comme on lance un sujet de conversation depuis son canapé, entouré de ses proches lors d’une soirée amicale. Le chant semblait un peu hésitant, passablement éraillé mais la puissance et l’intention étaient là. Quelques titres du dernier album servaient de hors d’œuvres. Puis venait rapidement le premier tube, Ding dang dong (ringing at your bell) qui enflammait la salle. En performeuse expérimentée, la Ringer distillait les tubes comme le Saint Nicolas les bonbons. Et du haut de ses 53 ans, mettait une bonne claque à tous les chanteurs et chanteuses de salle de bain qui rêvaient de succès en se trémoussant mollement devant leur miroir.

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Le fruit des entrailles de l’union diabolique des duettistes de Rita Mitsouko tenait la guitare à côté de sa génitrice qui l’avait enfantée comme elle avait accouchée des nombreuses chansons que l’ont connaît tous. Tout juste regrettais-je le clavier qui s’était borné à reprendre fidèlement certains arrangements datant des années 80 ou 90 et désormais un peu désuets.

La légende très vivante du rock français déroulait avec facilité et une grande proximité avec le public, les chansons ayant rythmées la vie de beaucoup d’entre nous (Andy, Y a de la haine…).

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Nous rentrions alors, ma chère et tendre photographe et moi même, vers le domicile conjugal, avec des rêves pleins les yeux et les oreilles. Elle ramenait chez nous quelques bleus, décorations épidermiques, stigmates de sa bravoure dans la tranchée des voleurs d’images. Quant à moi, je ramenais la preuve que le sens de la vie ne se trouvait pas forcément dans un choix électoral, mais que son intérêt se trouvait certainement sur la scène du Chapiteau de la Pépinière, à Nancy, ce lundi 10 octobre 2011 et il se prénommait Catherine.

 

 

Photos : Cécile Kremer
Article : Môssieur Louis
Nancy Jazz Pulsations 2011 - 38ème édition

 

 

 

Plus de photos de Catherine Ringer :
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Plus de photos de The Do :
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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 19:48

 Pour cette 38 ème édition du Nancy Jazz Pulsations,  une version electro (sold out) avait lieu à l’Autre Canal ce samedi 8 octobre.
C’est le duo MC LUVIN qui commença la soirée. Un groupe un peu barré, accompagné pour l’évènement d'Aslak à la guitare et à la basse. Ils ont donné le ton de la soirée passant les premiers : électrique, pop, énergique mais surtout entraînant. Un mélange de Jamiroquai, une voix à la George Michael et une gestuelle à la Mika (avant elle me dit). Avec son keystar et sa voix terrible, Gystère a mis l’ambiance en ce début de soirée un peu calme (22h seulement). Une belle performance pour les français qui étaient aussi au festival Calvi on the Rock

Mais celui que tout le monde attendait (au tournant ?) c’était Yuksek bien sur, avec son dernier album revendiqué sacrément pop. A 23h15 l’excitation est palpable et il fait son entrée précédé par les deux même musiciens qui étaient présent à Rock en Seine : le charmant Clément Daquin à la basse et au clavier et la fougueuse Léonie Pernet aux percussions qui donna le ton, debout pendant tout le concert.

YUKSEK end (3) 

Quand on voit Yuksek en live, on se rend compte de son talent, de son aisance et surtout de sa voix qu’on pensait plus retouchée, voir même extérieure. Mais non, Yuksek c’est un vrai musicien et un artiste bien de chez nous, chauvins réjouissez vous !  Il a bien sur joué la plupart de ses morceaux phares. Pour ne citer qu’Extraball, Always on a Run  et On a Train, sans oublier le fameux Tonight en rappel , « trop facile » dira Daquin.

Un peu avant 1h, c’est le toulousain Mondkopf qui monta sur scène, pour un set aussi puissant que raffiné, avec un jeu de lumières assez particulier pour une ambiance plutôt psychédélique.

Viens ensuite le tour du trio marseillais Nasser de prendre place sur scène dans une salle encore surexcitée à 2h du matin. Le dernier album  intitulé #4 qui s’était vraiment révélé entraînant se trouve être en live terriblement efficace.

NASSER (38)

Les marseillais font preuve d’une énergie démentielle  et d’une proximité avec le public assez impressionnante pour un groupe dont la notoriété n’égale pas celle de Yuksek mais leur force est là : une musique entraînante, communicative qui atteint son paroxysme sur scène. C’est un passage remarqué (mais surtout remarquable !) qu’a fait Nasser aux NJP.

Pour clôturer la soirée c’est le duo Teenage Bad Girl qui propose son set. Set aux début plus que difficiles du groupe, surtout après Nasser qui avait fait durer les rappels et s’était joint à la foule un moment. Les mecs de Teenage Bad Girl sont quant à eux trop occupés par leurs platines qui leurs font défauts.

TEENAGE BAD GIRL end (1)

Les djs se révèleront intéressants musicalement et scéniquement, un peu trop tard, avec un « laser live scenography » par Digital Slaves assez captivant d’ailleurs. Malheureusement une partie du public a déserté, c'est bien dommage on resterait bien danser encore avec Guillaume et Greg de Teenage Bad Girl.

 

Le NJP eletro 2011 restera dans les esprits comme une soirée réussie où de bons groupes français ont fait vibrer la foule nancéenne.

On retrouvera d'ailleurs Yuksek le 26 novembre au festival Sonic Vision à la Rockhall ( avec aussi Metronomy et the Drums) ainsi qu'au 112 le 4 février avec entre autre Nasser, Soyez là !

Article et photos : Morgane Aubry

 

Plus de photos de Yuksek :

YUKSEK end (1)

 

YUKSEK end (2)

 

YUKSEK end (4)

 

YUKSEK end (5)

 

YUKSEK end (6)

 

Plus de photos de Nasser :

NASSER (11)

 

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NASSER (52)

 

NASSER (16)

 

NASSER (12)

 

Plus de photos de Teenage Bad Girl :

TEENAGE BAD GIRL end

 

TEENAGE BAD GIRL end (2)

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 20:19

C'est une bien belle affiche que les NJP réservaient aux amateurs du festival nancéen ce jeudi 06 octobre, pour la deuxième journée des festivités. Les incontournables Têtes Raides, cotoyées par Debout sur le Zinc venu présenter leur nouvel album. Nouvelle tournée et nouvel album également pour Zaza Fournier.

 

Melting-Actu, sous les traits de Cécile Kremer, s'est donc imiscé sous le Chapiteau pour vous ramener des photos des différents concerts !

 

Photos de Zaza Fournier :

 

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Photos de Debout sur le Zinc :

 

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Photos du groupe Les Têtes Raides :

 

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Photos signées : Cécile Kremer

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 16:31

Agnès Obel, reine des glaces aux doigts de fée

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            Pour les prémices du festival Nancy Jazz Pulsations, c’est Agnès Obel qui était conviée dans la magnifique salle Poirel à Nancy, le samedi 24 septembre. Et c’est dans une salle comble que Sophie Hunger  ouvra le bal.  La Suissesse de 28 ans arriva timidement sur scène avec ses deux musiciens avant de se mettre à chanter a capella avec une facilité déconcertante.

 

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Une voix puissante et envoutante,  alternant entre l’allemand, l’anglais, le français et parfois même en suisse allemand « la langue de nos mères » déclarât elle sur des airs de folklore local. Sophie Hunger est une artiste qui puisse dans un registre tellement large qu’il serait difficile de la cantonner à un seul genre, la folk ne suffirait pas. Accompagnée par Michael Fleury à la voix, au glockenspiel et au trombone qu’il maitrise à merveille donnant une dimension nouvelle au concert et par Christian Prader à la guitare, à la flûte et au chant.

 

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C’est grâce à ces multi-instrumentistes que l’absence de deux autres musiciens ne s’est pas fait sentir. La seule présence de Sophie Hunger et de ces rythmes endiablés accompagnés de mélodies suffirent à ravir le public qui ne cessa de l’acclamer. Et il y eu cette reprise de Noir Désir, le vent l’emportera, avec des airs de Reckoner de Radiohead, le genre de reprise qui vous fait penser que la version initiale ne vaut rien tant celle-ci vous transporte. Il y eu donc un deuxième rappel qu’elle fit assise sur le bord de la scène avec ses musiciens jouant juste avec sa guitare et sa voix aussi puissante que volatile. 

 

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Après cette performance marquante de Sophie Hunger, ce fut au tour de la belle Agnès Obel de faire son entrée sur scène, elle aussi accompagnée par deux musiciennes : une harpiste et une violoncelliste. Avec  son acoustique, la salle Poirel était idéale pour accueillir Agnès Obel, son œuvre n’en était que sublimée, ses musiciennes y étant également pour beaucoup.

 

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La voix de la jeune danoise si voluptueuse emporte, malgré une distance et une froideur palpable (peut-être dû aux origines …). Objectivement il n’y a rien à redire sur la prestation de la jeune artiste, elle joue juste et chante admirablement bien, un peu trop peut-être, ne laissant jamais place à l’improvisation, à des surprises,  seul quelques mots de français échappent à la rigueur d’Obel . Cette maitrise à la perfection en devient presque ennuyeuse. Agnès Obel n’est autre qu’une reine des glaces aux doigts de fée.  

 

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Article et photos : Morgane Aubry

 

Set list Sophie Hunger:

Dia Fahrenda

Shape 

Marketplace

Headlights

The Fallen

Citylights

Protest Song

Spiegelbild

Sophie Hunger Blues

Religion

The Boat is full

Rise and Fall

Hotel Belford

Le vent l’emportera

Monkeys

---------------

Tell the Moon unplugged

--------------

 

 

Set list Agnes Obel:

Op

Philharmonics

Beast

Just so

Mouretta

Brother Sparrow

New song

Close Watch

Smoke & Mirrors

Wallflower

Sons & Daughters

Riverside 

Over the Hill

On Powedered Ground

-------------

Solo

Katie Cruel

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 11:25

Malgrè la 4ème édition de la Nuit Blanche messine, pas moins de 4000 personnes se sont déplacées à la Rockhal vendredi soir pour admirer le dj allemand Paul Kalkbrenner. Aux platines depuis de nombreuses années, il s'était fait remarqué dans le film Berlin Calling, sortit en 2009, dans lequel il jouait un dj drogué, sorte d'extrapolation de lui-même.

 

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C'est son frère Fritz (qui avait notamment fait la bande originale du film) qui sur les coups de 22h débuta ma soirée dans un style proche de son frère, alternant house et techno minimale.

 

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Le "grand" Kalkbrenner arriva quand à lui vers 23h30 sous les cris du public. Il commença son show sur Böxig Leise, extraite de son dernier album Icke wieder. Pendant plus de 2h, Kalkbrenner enchaîna les titres de façon peut-être trop linéaire. Mais réhaussée par une scènographie haute en couleur, composée des plusieurs écrans, de cubes et de trapèzes. il clôtura son set par la mythique Sky and Sand.

 

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Article et photos : Morgane Aubry

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 21:56

Le messin Cascadeur, nouveau poulain d'une grosse écurie musicale nous a accordé une interview en sa demeure, nous gratifiant même d'une petite chanson que nous mettrons en ligne rapidement.

En attendant, retour sur un entretien mené par Morgane Aubry :

 

 

C’est après son concert au Brussels Summer Festival, donné le 20 août dernier que nous avons pu rencontrer, furtivement, le messin Cascadeur. Celui-ci nous a ensuite gentiment reçu chez lui, à Metz, pour une interview.


Présentations faites, nous y voilà :

MA : Etre signé chez une major comme Universal pour un artiste c’est une énorme opportunité, mais ne pensez vous pas que c’est aussi un peu une manière de vendre son âme au diable ?

C : Ca commence fort (rires). En fait c’est une question à la fois insidieuse et unanime. Effectivement de l’extérieur on peut considérer qu’il y a les bons, les indépendants et puis les méchants. De par mon expérience, j’ai pu constater que c’est beaucoup plus compliqué que ça…
J’ai aussi travaillé dans « l’hyper »  indépendance, n’étant pas signé pendant plusieurs années avec Cascadeur, je gravais mes disques tout seul par exemple. J’ai vu certains avantages et puis quelques inconvénients. Il fallait de toute façon que je change un peu de dimension. Ca ne veut pas dire que mon souhait était d’être partout mais je sentais qu’il y avait des limites. C’est-à-dire qu’au bout d’un moment ça m’épuisait parce qu’il fallait que je trouve les concerts tout seul, mes disques n’étaient pas distribués. J’étais face à un mur finalement, donc j’ai fais des démarches seul au départ, pour rencontrer des gens susceptibles d’être intéressés par mon travail. Et effectivement, pris dedans, je n’avais pas de « délit de faciès ». Je me suis adressé forcément à des labels qui, à priori, par leur couleur, pouvaient être sensibles à mon projet. Après, il y a eu des rencontres.

Mais moi je poserais peut être la question autrement : c’est peut être les labels indépendants qui ne se sont pas manifestés. On peut prendre les choses à l’envers et se dire : pourquoi les labels indépendants ne se sont pas plus manifestés, enfin ils se sont manifestés un peu, mais pas jusqu’au bout, pas au point de signer un contrat avec moi. Moi je m’interrogerais là-dessus. Ensuite, je trouve ça relativement rassurant si on choisit un regard diabolique : les méchants ont peut-être aussi un cœur (rires). Je crois, en tout cas et c’est ce que j’ai ressenti et ce que je vis, c’est que si il y a eu cette rencontre professionnelle, il y a aussi eu une rencontre … passionnelle. Bon c’est peut être un peu fort mais en tout cas amoureuse peut être, sensible autour de ce que je fais. Je crois et je suis même certain que le but ultime de la maison de disque n’est pas d’être milliardaire avec Cascadeur. Je crois qu’ils placent les choses ailleurs. Notre souci, c’est d’essayer d’assoir un projet un peu plus atypique dans un paysage qui est parfois formaté, notamment en France. Donc voilà je ne me prends pas pour John Cage ou un avant-gardiste, j’ai juste l’impression de faire quelque chose d’assez accessible mais peut être que ça peut effrayer. Ensuite je ne pense pas avoir fait plus peur aux majors qu’aux labels indépendants. Parce qu’un label indépendant est dans la rentabilité effective et rapide. Il n’a pas justement les reins assez solides pour supporter plusieurs projets qui ne marchent pas du tout ; autrement il met la clé sous la porte, c’est ce qui est arrivé à pas mal de labels. Quand tu es indépendant et que tu as moins de moyens, tu es obligé de vendre des disques, tu as le couteau un peu plus sous la gorge. Ce qui ne veut pas dire que les majors sont tranquilles. Il y a beaucoup de licenciements chez les artistes et les professionnels du disque, c’est aussi très compliqué. Mais en même temps je suis assez mal placé pour en parler dans la mesure où c’est nouveau. Mais pour l’instant, ça se passe bien… Après peut être que dans quelques années on aura divorcé avec pertes et fracas et que j’aurai un autre avis mais là je suis assez nuancé et je comprends la question.


MA : Comment gérez-vous le fait qu’aujourd’hui votre image soit contrôlée par votre maison de disque ? Ce n’est pas un peu oppressant ?

C : Non parce que c’est moi qui l’ai un peu imposé. J’ai une image, j’existais avant de signer. Et si j’ai été signé c’est aussi parce que j’avais une image, un  peu. Mon souci ce n’est pas que l’image, c’est la musique, mais elle n’est pas pour moi quand dans les notes, elle est aussi dans la présentation scénique, l’élaboration des pochettes, enfin elle est partout.

Donc on ne m’impose rien. Je travaille comme je travaillais quand j’étais tout seul. J’ai travaillé ici où tu es assise, j’ai des amis qui venait. Rien n’a changé à ce niveau là, je travaille toujours de la même façon. Effectivement, j’ai un peu plus de moyens. Par exemple, lorsqu’il a été question de rajouter des cordes on ne m’a pas dit : « tu vas mettre un violoncelle et un violon ». On s’est plutôt dit « voilà où je souhaite aller, nous avons la possibilité financière de réaliser les choses ». En même temps, j’ai pas demandé des jacuzzis, un clip avec des bimbos. Tout cela reste à mon échelle et à un point de vue musical, donc je n’ai pas du tout l’impression d’être un mannequin ou une doublure qui derrière moi est manipulé par Dark Vador. Peut-être qu’on peut le penser mais si c’est ça il faut que j’ouvre les yeux (rires).


MA : Passons à des questions un peu plus légères et en accord avec votre formation à la fois de musicien et de plasticien. Je vais vous demander de faire des choix entre différentes propositions. Commençons par le 7ème art…

Vous êtes plutôt Almodovar ou Allen ?

C : Les deux. Encore une fois je pense que c’est aussi un peu mon travail dans Cascadeur. On pourrait dire que c’est un projet un peu « arty » et mélancolique mais j’aime m’amuser, j’aime rire. Pour moi le rire contient tellement de sentiments à explorer comme la mélancolie ou les joies ultimes.

Donc c’est pour ça que je dirais Woody Allen, dont je suis un grand fan depuis le début. J’aime beaucoup tous ses premiers films, j’accroche juste un peu moins à ses derniers où j’ai l’impression qu’il est justement dans du « coton ». Il explore des zones qui me touchent moins parce que c’est presque bobo maintenant, ça me gène un peu. Sur Paris par exemple, forcément on tombe dans des clichés. Maintenant, c’est un homme d’un certain âge, donc il voit la vie différemment. J’étais plus sensible à ce qu’il faisait avant, qui me semblait un peu plus écorché et plus en phase avec « le commun des mortels » Ca reste un cinéaste de référence et un auteur que j’adore vraiment.

Almodovar, j’ai hâte de voir son dernier film, qui par les thématiques m’intéresse pas mal. Même si je le connais un peu moins bien, c’est aussi un cinéaste important et qui me plaît parce qu’il interroge sur l’identité sexuel. Ca m’intéresse par rapport à Cascadeur. C’est un super héro qui chante avec une voix de fille donc je suis quelque part proche d’Almodovar (rire) en tout cas dans mes interrogations.


MA : Orange Mécanique ou Shining ?

C : Aaaah Kubrick … Je ne peux pas choisir. Orange Mécanique est fabuleux par rapport à l’invention plastique. Ensuite, au niveau de la thématique, je sais qu’il avait été décrié car c’était un film soit disant hyper violent alors que c’était un film sur la violence, ce qui n’est pas tout à fait la même chose et c’est souvent le problème. C’est violent mais il interroge et il a besoin de passer par la violence pour pousser à la réflexion…

Après, Shining, c’est l’enfance. Il a des visions très fortes. Je crois qu’avec Kubrick ça marche comme ça, il assène des coups de poing. Quand tu penses à Shining tu penses à Danny le petit garçon qui déambule dans les couloirs sur son tricycle et puis cet ascenseur avec le sang et ces trucs hyper gores et les jumelles. Je trouve que Kubrick c’est très très marquant, parce qu’il interroge sur les peurs enfantines, les histoires de loups, il fait ressurgirent les hantises liées à l’enfance. Donc je n’aime pas faire de choix !


MA : Par rapport à Yann Tiersen, compositeur français, vous avez préférez Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ou Good Bye Lenin ?

C : Alors je n’ai pas vu Amélie Poulain. Non pas que je m’y sois refusé, mais ça me fait un peu penser aux derniers films de Woody Allen, avec ces clichés. Donc ça serait difficile d’en parler étant donné que je n’ai vu que quelques images et pas le film en entier. Ensuite Yann Tiersen, c’est vrai que ce sont des comptines. À mon avis le travail qu’il a fait là-dessus est assez intéressant. Je suis assez sensible à ces ritournelles, cette simplicité qui n’est pas évidente. Après je crois que lui aussi en souffre. Pour un certain nombre de gens Yann Tiersen, c’est Amélie Poulain. C’est quelqu’un qui veut aussi « détruire » cette phase qui le plombe comme M et son personnage.

Après, Good Bye Lenin c’est un film que j’ai vu et que j’ai en dvd, qui m’a bien plu, y compris la musique. C’est vraiment un chouette film qui est finalement très dramatique et très drôle, alimenté par l’illusion crée autour de la mère. On arrive dans le domaine de l’art. 


MA : Sinon quel est le dernier film qui vous a touché ? 

C : Malheureusement pour moi je n’ai plus beaucoup le temps d’aller au cinéma, je regarde pas mal de films à la télé… Du coup, le dernier film qui m’a touché …
Ah si j’ai bien aimé un film, alors le titre … c’est un film argentin je crois. C’est un titre à la Almodovar, il est passé sur canal le mois dernier. Sinon très récemment j’ai vu un film d’Emmanuelle Bercot qui s’appelle Mes chères études. Bon il s’avère que j’avais été contacté par Emmanuelle Bercot, qui connaissait Cascadeur et qui voulait faire un titre du coup on avait communiqué. Et ce film qu’elle a fait est vachement dur, tellement juste, c’est adapté d’un bouquin d’une jeune fille qui a du se prostituer pour payer ses études… Phénomène qui, apparemment, est assez courant  et qui ne touche pas seulement les filles. C’est un peu cru comme film et vachement dérangeant. J’avoue qu’après j’étais vraiment mal à l’aise du fait d’être un homme, c’est assez sordide. Mais bon c’est très réel et donc ça m’a marqué.

Et hier soir j’ai revu Les Dents de la Mer. C’est toujours intéressant. C’était en français donc ça devient un peu comique mais encore une fois c’est intéressant, ça rejoint un peu ce que je disais sur Kubrick par rapport aux images choquantes. Là, Spielberg dans ses premiers films comme Les Dents de la mer met en scène des images très frappantes, qui hantent chacun de nous. C’est-à-dire que forcément une grande œuvre ne te fait plus percevoir la réalité de la même façon. Quand tu vas te baigner après avoir vu ce film là, tu ne te baignes plus dans la mer mais dans les dents de la mer, c’est assez drôle mais toujours marquant. Donc c’est vrai que tu peux avoir des lectures de la vie complètement liées à des tableaux, à des films, à des livres.

MA : Sinon plus dans la musique, ça serait plus Satie ou Bach ?

C : Alors encore une fois les deux m’ont un peu bercé, j’ai joué du Bach quand j’étais enfant mais du Satie aussi. Avec Satie, c’est plus dépouillé. Au piano, ce sont des valses  assez souvent ou des choses assez enfantines mais curieusement ce n’est pas un compositeur que j’ai énormément joué. Comme tout le monde, Gymnopédie et Gnossiennes et je dois avoir un ou deux disques. Enfin…il n’a pas énormément écrit.

Et Bach c’est quand même vachement plus imposant, c’est déjà un autre type de compositeur, un autre poids à priori historique. Mais ce qui est intéressant chez Satie c’est cette figure d’outsider et d’artisan, d’un mec plutôt solitaire. Une nouvelle fois, pas de choix.


MA : Bon alors Gainsbourg ou Aznavour ?

C : Alors beaucoup plus Gainsbourg. Ce qui ne veut pas dire que je ne m’intéresse pas à Aznavour. Je sais qu’il a enregistré un disque il n’y a pas longtemps, justement à Bruxelles. Curieusement, il y a un côté plus daté chez lui mais il sera peut être plus marquant dans quelques années. Gainsbourg je suis vraiment un grand fan, parce que ce qui me plait chez lui c’est que c’était un mec qui était peintre et qui se retrouvait face à sa « déception » par rapport à ce qu’il faisait. Moi je trouvais ça pas mal, il n’y en a pas beaucoup, parce qu’il a tout détruit. Mais il se rabat sur la musique et il y a une sorte de course comme ça … Il était un peu fasciné par la marque, l’image enfin ce qu’on peut conserver de quelqu’un après. Et c’est un peu le monstre qui séduit la belle, on est toujours dans ce trucs là avec lui je trouve et c’est ça qui est fascinant. Se dire que ce gars qui ressemblait à Frankenstein sortait avec la plus belle femme du monde donc ça aussi c’est intéressant.


MA : Janis Joplin ou Amy Winehouse ?

C : Je dirai que c’est un peu la même famille même si je ne connais pas assez bien la vie d’Amy Winehouse. Je dirai que Janis Joplin était un peu plus dans la difficulté professionnelle. Alors, ce qui est troublant chez elle, c’est que dès qu’elle chante elle a un trucs très teinté, une certaine « culture black ». Amy Winehouse, c’est métissé. Tu sens déjà ce truc, c’est troublant parce qu’il y a des chanteurs comme ça tu es perdu sur leur identité et c’est chouette. Un black qui a une voix de blanc, c’est presque plus rare et ça intéresse moins parce que justement cette « couleur » de la culture black me touche un peu plus. Mais effectivement quand tu vois Janis Joplin c’est incroyable, ça vient d’ailleurs et peut être qu’elle a renoué avec la souffrance, l’esclavagisme aux Etats-Unis avec les brimades subies par les populations noires. C’était sans doute quelqu’un qui ressentait cette souffrance et qui s’y intéressait par ses goûts musicaux. Elle a su presque changer de peau et pour moi c’est presque une artiste contestataire black. C’est troublant. Et puis je dirai qu’elle c’est un peu la grande sœur … Maintenant je ne connais pas assez Amy Winehouse, juste quelques titres, j’ai pas d’albums, j’ai seulement vu des extraits d’images. Ce qui me touche c’est ce truc pathétique chez elle. Tu sens qu’elle veut démolir quelque chose mais ce qui est très troublant c’est qu’elle est un peu stoïque sur scène. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est dans certains états mais je trouve qu’elle est presque à côté de son être et un peu à côté de ce qui se passe musicalement.  C’est souvent des trucs assez entraînant, années 50. Sa voix, tu as l’impression qu’elle fait très peu d’efforts, alors que bon, Janis Joplin était dans un combat. Amy Winehouse, je n’avais pas cette sensation-là. J’avais l’impression qu’elle était déjà morte, c’est bizarre, c’est pas méchant au contraire c’est troublant. Elle était déjà la fantôme d’elle-même d’après ce que j’ai pu voir. C’était plutôt une voix. Pour elle c’était peut être accessoire la mort, elle l’avait déjà côtoyé, c’est peut être aussi le quotidien des toxicomane, ils sont sans arrêt sur ce truc là, en confrontation direct avec. Pour eux il n’y a peut-être pas de très grande différence…


MA : Plus électronique, ça serait Jean-Michel Jarre ou Daft Punk ?

C :   Je connais un peu mieux Daft Punk par rapport à Cascadeur. On pourrait dire forcément Daft Punk, parce qu’il y a le rapport du casque, de la combinaison… Après Jarre, c’est un gars qui me fait penser non pas à Indochine mais il y a un truc décrié chez lui. En même temps c’est quelqu’un qui était là, qui a apporté des choses un peu comme Cerone. Ca fait partie un peu de ces gens là. Après de lui je n’ai qu’un disque : Zoolook (1984). Il y a quelque chose qui est vraiment superbe au moment de l’échantillonnage, je trouve qu’il a eu de supers idées. Mais j’ai pas les trucs fondamentaux donc je connais assez mal. Oxygène, je ne suis pas fan mais je pense que c’est quelqu’un d’important. On est un peu dans le grand cirque, le truc un peu mégalomane comme ça, c’est un choix, c’est une figure, donc c’est compliqué : son rôle, sa position. Il a été un artiste d’avant-garde très populaire qui a fait tomber les musiques électroniques dans le grand public et ça je trouve que c’est plutôt intéressant.


MA : Un concert qui vous aurait marqué, vraiment… 

C : Je dirai Radiohead à Strasbourg, je crois que c’était à La Laiterie sur la tournée OK COMPUTER. Parce que là je me suis dit « j’ai vraiment envie de voir ça ». Sur scène, c’était chouette. C’était un beau concert et puis y avait Stranded Horse juste avant, c’était touchant de voir ce mec déjà  sans voix. Techniquement, je veux dire. Il chantait mais son micro ne marchait pas, c’était un ensemble de chose, c’était bizarre, il faut dire que faire la première partie d’un « grand » groupe c’est pas toujours très facile …


MA : Par rapport à l’art, ça serait plutôt l’impressionnisme de Monet ou les ready made de Duchamp ?

C : Humm, il y a dix ans, j’aurais presque un peu dénigré l’impressionnisme et puis après je réfléchis et je me dis c’est absurde parce qu’ils sont à la base de l’abstraction, c’est une technique qui a été révolutionnaire, qui a été récupérée. On en a fait un peu des peintres de salon presque académiques alors qu’ils voulaient sortir le peintre hors de l’atelier. C’est quand même une révolution, ils vont peindre directement sur le motif, ça, ça change beaucoup de choses. Duchamp, tu peux te dire que c’est ça aussi ce qu’il fait : il sort de l’atelier mais en rentrant dedans carrément avec le paysage. Avec l’urinoir, c’est ce qu’il a fait. C’est une réflexion sur le préfabriqué, le fabriqué et l’artiste artisan. L’homme du commun est artiste. Parce que tout à coup, il va tout dérégler : on sacralise l’art, par moment l’artiste et tout à coup un mec va te présenter dans un musée un urinoir, le plus commun des communs, l’infâme même. L’infâme qu’il va transformer et dire : c’est de l’art aussi. Et ça ouvre la porte à tout et n’importe quoi mais c’est fondamental aussi. Parce que sans ça on en reste dans l’académique avec l’art fait  pour certaines catégories de gens. Et tu as des gens qui te disent : non, non l’art sans démagogie c’est pour tout le monde et c’est à tout le monde. Alors après tout le monde va s’en emparer et il y a des réussites diverses, c’est d’autres problèmes. C’est comme Daft Punk ou Jarre, je trouve ça très bien parce qu’ils ouvrent des portes plus ou moins importantes, on verra bien ce n’est pas à moi de juger.

Mais donc sans les impressionnistes, il n’y aurait sans doute pas eu Duchamp. Tout ça est lié, pour moi il n’y a pas d’inférieur, ni de supérieur ; tu vois tu ne vas pas te dire que les dadas sont plus fort que la science avant-garde. Il y a des moments d’histoire, c’est un gigantesque édifice et il y a pleins de pierres et toute pierre est fondamentale. Il y a des trucs qui te touchent plus ou moins. On ne peut pas tout apprécier, des fois parce qu’on ne connaît pas ou qu’on ne comprend pas ou qu’on ne veut pas comprendre. Mais aussi il y a des usurpateurs, c’est évident, il y a de tout, que ce soit dans la musique, la peinture ou la pâtisserie : il y a de très mauvais pâtissiers qui vendent très cher leurs éclairs au chocolat …


MA : Et donc à choisir ça serait plutôt une visite au centre Pompidou de Metz ou au musée des Beaux Arts de Nancy ?

C : Alors moi j’ai une position un peut particulière, c’est-à-dire que je ne vais pas beaucoup voir les expos dans les musées. Parce que il y a un truc que je ne supporte pas trop c’est cet effet de mode autour d’une exposition. Par exemple cette année, bon je dis n’importe quoi, mais Manet par exemple. Tu vas voir cette expo et puis tu as une file d’attente tu as l’impression d’être dans un hypermarché un samedi après midi. Tu te dis : « Qu’est ce que je fais là ?! » T’as pas le temps, tu vois rien, y a une sorte de précipitation et d’hyperconsommation et du coup je refuse, je deviens presque fainéant la dessus et je n’y vais pas. Et c’est con quelque part parce que c’est important  mais en même temps c’est invivable et c’est pareil pour d’autre choses : je suis allé voir l’Aquarium de La Rochelle, mais j’ai pas vu de poisson, j’ai vu des hommes agglutinés derrière des vitrines, je me suis barré. Encore une fois on va dire que c’est méprisant à l’égard des hommes, mais ce n’est pas ça, c’est terrible cet univers « concentrationnaire » de la consommation artistique ou celle de l’éveil ça fait peur, on est imbriqué là dedans. J’aimerais bien y retourner mais je ne sais pas un dimanche à 7h du matin peut être que pour les expositions c’est pareil et du coup je loupe pleins de trucs. Parce que c’est un temps une exposition, un temps suspendu un musée. C’est un pour geler le temps donc quand j’arrive là dedans tout à fondu, j’arrive pas …


MA : Du coup, pour la dernière expo que vous avez vu, ça tombe à l’eau …

C : Humm, je réflechis. La dernière expo c’était à La Rochelle, c’était pas mal d’ailleurs et y avait pas beaucoup de monde comparé à l’aquarium… C’était un truc d’histoire naturelle donc c’était intéressant, il y avait des marins qui avaient ramené pas mal de trucs notamment des très beaux totems, des belles coiffes, pas mal d’animaux aussi donc ça c’était le dernier truc. Bon c’était peut être un peu mortifère mais là au moins j’ai pris le temps.


MA : Sinon en général, qu’est ce que vous aimez faire à Metz ?

C : Je travaille pas mal donc je suis souvent un peu enfermé ici mais quand je sors … je vais voir des amis ! Mais encore une fois, je suis un peu sauvage, donc j’évite le samedi après-midi. Je me balade souvent le long des quais, j’aime bien et puis on a un petit garçon donc on se balade beaucoup avec lui en général. On a des itinéraires, on est un peu dans Shining : il a sa petite voiture aussi. Mais Metz j’aime bien la ville, alors je vais souvent au centre St Jacques notamment à la Fnac, je n’adore pas le lieu c’est un peu effrayant  mais dans ces coins là. Je sors très peu ou au restaurant, avec des amis. Mais j’ai pas une grande vie, je vais aux concerts  mais c’est même rare parce que comme je joue souvent j’ai pas envie de ressortir aller écouter des concerts, j’ai envie de faire un peu autre chose donc souvent, je regarde des films ici … c’est pas marrant (rires)


MA : Un mot pour finir cette interview ?

C : Merci, c’était bien ! On a parlé de choses un peu secrètes et rares, je t’en ai dit plus qu’a des proches (rires)  c’est important de le dire aussi donc merci.

 

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