27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 00:00

 

Le réalisateur Jean-François Richet signe le pari audacieux de sortir un film fleuve en deux épisodes, à un mois d'intervalle. Son sujet n'est autre que Jacques Mesrine, figure majeure du grand banditisme des années 1960-1980.

 

Alors que le premier volet L'instinct de mort se calquait sur les grands films de gangsters hollywoodiens, le deuxième volet L'ennemi public n°1 s'attarde plutôt sur la psychologie du personnage, cassant quelque peu le rythme endiablé de la première partie. En effet, réduire le personnage à ses seuls faits d'armes lui aurait enlevé toute psychologie, et ce serait un tort…

 

Pour prendre la pleine mesure de cette œuvre, il est important de comprendre ce qui a pu se passer dans la tête du fils d'un honnête commerçant aisé, militaire pendant la guerre d'Algérie, et finalement rien de moins qu'un jeune homme semblable à tous les autres à ses débuts. Mais voilà, la guerre l'a bien changé, imprégnant en lui ces images et ces idées de mort. C’est tout bonnement déconnecté de la vie et de la société qu'il s’en retourne en France, en 1959.

Dès lors, Jacques Mesrine, confondu entre ses valeurs, ses codes et ses faits d'armes, ne cessera de s'interroger sur sa personne. En ce sens, L'ennemi public n° 1 est un habile méli-mélo entre sa vie -qu'il continue à mener tambour battant, enchaînant les attaques de banques comme de prisons, les meurtres, ses maîtresses- et ses prises de positions.  Politique, révolutionnaire, gentleman, mais malgré tout homme au caractère intraitable, Mesrine écrit coup sur coup deux livres -L'instinct de mort en 1977 et Coupable d'être innocent en 1979–, il donne des interviews et continue à battre la campagne comme la ville, en quête de liquidités.

 

Parfois proche de films tel que Le dernier Gang d'Ariel Zeitoun, Jean-François Richet signe ici une œuvre où l’on ne s'ennuie jamais. Cavalant entre la France, l'Espagne, le Canada et les Etats-Unis, le spectateur suit le personnage dans ses péripéties, passant tour à tour de meurtres et tortures, que Mesrine juge nécessaires, à un humour bien senti.

 

Mesrine, détruit par cinq années passées en quartier de haute sécurité au Canada, en ressort comme un damné, devenu l’aura même du bandit, audacieux, haïssant  la société, et ne reculant plus devant rien. Il rivalise alors de trouvailles et d'astuces pour s'échapper de multiples prisons, seul ou bien accompagné –et sur ce plan, le réalisateur  a parfaitement soigné la mise en scène-, et n'hésite pas à prouver à la justice –« cette femme pleine de vices », comme le chante si bien le groupe Trust qui lui a dédié plusieurs chansons- que les valeurs qu'elle défend sont corrompues par ses propres représentants.

C'est ainsi qu'il jettera en plein procès, à la tête de Robert Broussard -alias l'homme qui a décidé de l'arrêter- les clés de ses menottes.

 

Sans vouloir dévoiler un scénario complexe, épatant et visiblement réaliste et fort bien documenté, il ne serait que conseillé de voir cette mini saga de « l'homme aux mille visages » qui n'a pas hésité à s'affubler de postiches et autres déguisements -y compris ceux de commissaire- afin de réaliser des braquages d'anthologie et des évasions spectaculaires.

Admirablement réalisé malgré quelques petites maladresses -Gérard Lanvin se révèle vraiment peu crédible en révolutionnaire marseillais vieillissant-, et à l'esthétique toujours soignée, le diptyque cinématographique dédié à Jacques Mesrine est l’une des excellentes surprises de cette fin d'année.

 

Des scènes savoureuses, telle l'arrestation de Mesrine dans son appartement par le commissaire Broussard après vingt minutes d'attente, ajoutent encore un peu plus de cachet

à cette superproduction, mais n’empêchent pas malgré tout certains écueils. Le film se termine, malheureusement comme trop souvent, face à face entre le gangster en marge de la société, qui finalement le fait vivre et dans laquelle il s'insère pleinement, et un policier attiré par sa carrière et sa haine du méchant… haine qui l’abaissera finalement au même niveau que les tueurs qu’il traque.

 

Toutefois, une mention spéciale aux seconds rôles : Ludivine Sagnier, Cécile de France ou encore Mathieu Amalric en tête, qui contribuent largement au succès du film comme à celui de son héros.

 

Le plan de fin en contre-plongée sur le visage de Mesrine baignant dans son sang est un joli

résumé de l'écoulement de sa vie, divisée entre le sang et la quiétude à laquelle il aspirait…

 

Ugo Schimizzi

 

 

 

 

 

 

 

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:25

Ainsi se referme cette 31 ème édition du festival de Villerupt, qui a une nouvelle fois fait la part belle aux réalisateurs italiens.

Sur le thème « Maestro... musica, les cinéastes italiens et la musique », se sont succédés, pendant cette grande quinzaine automnale, chef-d’œuvres et reliques du passé venus croiser le fer avec des premières ou deuxièmes œuvres de réalisateurs contemporains. Parmi eux, des exclusivité, telles  Il Divo de Paolo Sorrentino, récemment récompensé à Cannes, Caos Calmo d'Antonello Grimaldi, ou encore Il papà di Giovanna' de Pupi Avati..., mais aussi de vraies perles, de part leur intensité, leur dévouement à faire éclater des vérités ignorées, ou tout simplement de part leur volonté d’être un bon film (retrouvez les critiques de La Terramadre et de Biutiful Cauntri ).

 

Attirant chaque année pas moins de 40 000 personnes, Villerupt se veut vraiment comme la terre des immigrés vert-blanc-rouge, amoureux de leur patrie et des mélodies de la langue, mais se révèle surtout fort d’une culture qui ne s’essouffle pas, alors que tout autour, ce sont les machines de feu et d’acier qui se sont tues, affaiblies par le temps.

Au milieu des gris baraquement de cette cité minière et sidérurgique, l’ambiance semble quelque peu intemporelle lorsque l’on y pose le pied pour la première fois. Sur la façade de l’hôtel de ville s’affichent en grand les couleurs de la 31ème édition.

Quelques guirlandes et lumières éparses tentent de donner un peu de baume au cœur aux arrivants, tandis qu’à l’intérieur, se presse déjà une foule conséquente, répartie entre la salle des fêtes -rebaptisée à l’occasion  « cinéma »- et le bar.

 

De la restauration à la billetterie, toute une troupe de bénévoles s’affaire. Suppléants omniprésents de l’équipe du festival, ils prennent leurs rôles à cœur, afin que chacun passe le plus agréable des séjours.  Et contrairement à ce que cette petite ville pourrait laisser paraître, rien n’est laissé au hasard ; le festival de Villerupt est en effet une machinerie complexe, savamment orchestrée.

Les séances se partagent sur une demi-douzaine de lieux entre Villerupt et Audun-le-Tiche, sans compter les nombreuses décentralisations. A Metz, Nancy, Faulquemont ou encore Esch-sur-Alzette, le grand Est vibre aux couleurs de l’Italie.

Et, en dehors du froid, tout est fait dans les règles de l’art, proposant ainsi une fringante copie de sa collègue sudiste. Cannes n’a qu’à bien se tenir !

 

Outre les figures de proue du cinéma passé (La Strada, Farinelli, La Vita e Bella), ce ne sont pas moins de vingt-cinq films qui sont en compétition cette année. Quatre jurys différents ont pour mission de les départager : l’amilcar jury cinéma, l’amilcar jury presse, l’amilcar jury jeune et l’amilcar du public.

Cette année, le grand gagnant du festival est le film Mar Nero de Federico Bondi. Il remporte deux trophées – jury cinéma et jury jeune. Viennent compléter le podium, les films Pranzo di Ferragosto de Gianni Di Gregorio, encensé par la presse, et Amore, bugie e calcetto de Luca Lucini, prix du public (critique du film ICI).

 

Apparemment, le public apprécie beaucoup la sélection, et c’est bien souvent la course pour avoir sa place dans l’ une des salles de Villerupt, dont la capacité –hôtel de ville mis à part – est inférieure à une centaine de places. La moyenne d’âge dénote l’absence de la jeunesse, et c’est bien regrettable, compte tenu de la qualité des films présentés… Ce qui n’empêche pas l’ambiance d’être très agréable, et souvent, des discussions s’amorcent entre voisins de file d’attente à propos des films vus, de ceux à voir, aussi bien en français qu’en italien.

 

Seul bémol à toute cette effervescence du 7ème art, une rumeur malheureuse :

en effet, il semblerait que les subventions pourraient manquer et ainsi pénaliser la tenue de la prochaine édition du festival.

La présence du Cinébus – camion géant réaménagé en salle de cinéma original et au cachet indéniable – pourrait donc être remise en question. Mais il est à parier – et à souhaiter – que l’organisation saura faire face à ces « menus » désagréments, pour nous offrir une nouvelle fois, un festival d’exception !

 

Ugo Schimizzi

 

 

Quelques photos supplémentaires (signées Juliette Delvienne):

 

 

 

 

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:20

 

Les spectateurs ne s’y sont pas trompés !

Amore, bugie e calcetto a été admiré,  plébiscité, adulé.

A tel point qu’il fut présenté sur écran géant à l’hôtel de ville pour le jour de clôture du festival. Il va sans dire, ce film  est bien le grand favori du public, qui lui a décerné son Amilcar, prix créé par les organisateurs du festival. Plein de joie, d’entrain, de rire et de gravité à la fois, c’est sur une note tout en nuances que se terminera cette 31ème édition du Festival du Film Italien de Villerupt.

 

Et pourtant, les quelques lignes du résumé ne laissaient pas vraiment transparaître les qualités du film,  présentant l’histoire à priori banale de sept hommes, partageant leur vie entre leur passion – le foot – et leurs problèmes quotidiens.

Mais passant tour à tour du quinquagénaire divorcé adepte des copines de son fils au jeune couple vivant ses premières grandes émotions, ou encore à cette petite famille en pleine crise, le réalisateur Luca Lucini signe ici une petite merveille. Il inscrit ainsi son film dans la grande tradition de la comédie italienne, mais en y ajoutant un zeste de renouveau. Car, si  certains passages semblent vus et revus, ils apparaissent, au final, toujours revisités.

De plus, la mise en scène astucieuse crée des décalages et des  effets de surprises qui font mouche à chaque réplique ou situation et le public se délecte d’avance en attendant la suivante. A la fois drôle, touchant, habile et brillamment filmé et monté,  ce film  enchaîne les surprises, contournant  ainsi l’écueil de la lassitude.

 

Mais il ne faudrait pas réduire pour autant ce long métrage à un simple film à vocation humoristique.  Amore, bugie e calcetto est non seulement drôle, mais il est aussi intelligemment conçu, tant pour ses histoires que dans la confrontation des différents points de vue de ses personnages. Amore, bugie e calcetto est réellement un film à l’esthétique pensée et soignée, à l’histoire complexe, mais redoutablement percutant et aux dialogues tout en dribbles et en ingéniosité. Et c’est bien là que résident toute la force et la vivacité de cette production.

 

Même si le réalisateur ne se prive pas d’énoncer des faits de société bien vivants et déjà vus, ces derniers sont taclés par sa vision juste et piquante. Et quand bien même chacun finit avec son histoire rapiécée, malgré de dures épreuves, c’est Mina, le plus lucide de tous, qui finit seul. Seul comme l’homme qu’il est sur le banc, tireur de coups francs d’élite, à la fois un entraîneur sur le terrain et dans la vie… Mais seul aussi comme le journaliste qu’il est, afin de mieux être là pour ses protégés.

 

Clairement, le final se veut heureux, comme dans un joli conte de fées… Et alors ? De temps à autre, il est bon de rêver…

…Un film qu’il fait bon voir pour sourire, et se dire qu’heureusement, l’amour continue à rimer avec toujours…

 

Ugo Schimizzi
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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:00

Pour sa 31ème édition, le Festival du Film Italien de Villerupt a présenté 21 films inédits ou en avantpremière en « COMPÉTITION OFFICIELLE ».

Dans la catégorie « RÉTROSPECTIVE », ce sont 25 longs métrages qui ont été sélectionnés autour du thème : « Maestro, musica ! Les cinéastes italiens et la musique ».

Enfin, la sélection « PANORAMA », reflet de la production cinématographique actuelle, a quant à elle proposé 18 réalisations, allant de la comédie à l’italienne au drame familial.

Les AMILCARS, récompenses décernées par différents jurys, ont été créés d’après une oeuvre originale du sculpteur italo-lorrain Amilcar Zannoni.

 

 

PALMARÈS 2008

 

AMILCAR DU JURY

Parrainé par le Conseil Général de Meurthe-et-Moselle

 

Mar Nero (Mer noire),

de Federico BONDI (2008)

 

AMILCAR DU PUBLIC

Parrainé par le Conseil Régional de Lorraine

 

Amore, bugie e calcetto (Amour, mensonges et ballon rond),

de Luca LUCINI (2008)

 

AMILCAR DE LA PRESSE

Parrainé par le Conseil Général de Moselle

 

Pranzo di Ferragosto (Le repas du 15 août),

de Gianni DI GREGORIO (2008)

 

AMILCAR DU JURY JEUNE

Parrainé par la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports

 

Mar Nero (Mer noire),

de Federico BONDI (2008)

 

PRIX DE LA VILLE DE VILLERUPT

Décerné à une personnalité par les organisateurs du festival

 

Nicola PIOVANI, compositeur de musiques de films

(Ginger et Fred, FELLINI ; La chambre du fils, Nanni

MORETTI ; La vie est belle, Roberto BENIGNI…)
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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 21:00

Le Festival du Film Italien de Villerupt, qui en était cette année à sa 31è édition, est souvent le théâtre de bien des émotions. Chahuté, chamboulé, tout sourire ou en larmes, c'est l'Italie et ses talents que le spectateur vient applaudir.

 

Au milieu de l'éclectisme proposé par l'organisation, était présenté cette année un documentaire qui est une sorte d’ écho à Gomorra dans la dénonciation de l'âpreté de la vie du côté de Naples.

Biutiful Cauntri, lui, ne s'attaque "que" au côté environnemental de ville. La guerre des ordures, et pas uniquement celles que l'on décharge au milieu de la campagne.

 

Trouver des mots pour dénoncer l'horreur est souvent dur. Y apporter des images est bien malheureux mais hurlant de vérité.

C'est ce qu'à fait la réalisatrice Esmeralda Calabria, certes d'une manière chaotique, anarchique et à la lecture peu évidente. Mais la question que l'on se pose, en ressortant de la salle, est en rapport au montage : comment cela est-il possible?

 

Biutiful cauntri dénonce, énonce, renonce. Un film de colère ; un film dans l'antichambre de l'enfer. Bien loin de l'idée que l'on se fait de l'Europe, bien loin de la quatrième puissance du continent. Bien loin de l'Homme au fond.

Ce film à l'espoir déchu n'apporte aucune solution. Il ne fait que constater que l'horreur est humaine, désespérément, définitivement  - à l’instar des conversations intenables de par leur cynisme et leur indifférence face à la vie de la populace locale. Sans scrupules, sans jugement, juste pour l'argent, encore, et la facilité, toujours.

Cette même populace, qui, jour après jour, se meurt et en a conscience, hurle, à l'agonie, comme ces moutons qui tombent par centaines, remplis de dioxine, emballés avec tristesse dans des sacs poubelles. Il ne fait pas bon vivre en Campanie…

 

Malheureusement, le film est un documentaire révolté comme beaucoup d'autres. La détresse des éleveurs, des agriculteurs et même des petits politiques qui tentent de se battre - quand ces derniers n'essayent pas eux aussi de profiter du système - se heurte toujours au même mur. Celui des entreprises véreuses, des hommes de pouvoir et d'argent aux mains salies par les promesses non tenues, aux scandales révélés, partie émergente de l'iceberg, et à la justice bafouée.

 

Après la haine sans fin éructée par tous les acteurs de cet immonde spectacle, tous se relèvent les yeux écarquillés et en silence, à peine rompu par quelques "c'est incroyable !" et autre "quelle horreur !" qui se perdent vite dans le crépuscule glacial.

Le monde tourne toujours, mais pour combien de temps encore avec de pareilles incrédulités?


Le film est sorti en France le 16 juillet 2008
 


Ugo Schimizzi

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 20:00


Lorsque l'immigration s'invite en Lorraine, les hauts-fourneaux s'enclavent dans les esprits, les gueules noires et le croisement de nationalités s'immiscent sous nos yeux… Villerupt est un de ces brassages de cultures ou l'Italie est venue prendre pied, au milieu d’une région multirécidiviste au niveau des changements de nationalité.

 

Et quoi de mieux qu'une telle région pour traiter d'un fait d'immigration ? La Terramadre

 

Le film raconte le croisement de deux destins, dans la région sinistrée du sud de l'Italie. L'un est turc, échoué sur une plage, sa femme morte noyée à ses côtés. L'autre, Gaetano, est jeune, italien, et refuse de quitter sa région natale pour rejoindre son père en Allemagne. Et devenir soudain, à son tour, un immigré.

 

En toute simplicité, avec une esthétique percutante de minimalisme et d'efficacité, Nello La Marca pose tranquillement son histoire sur un fond sonore envoûtant.

 

La question des origines et l'incompréhension mutuelle sont sans cesse deux thèmes qui s'affrontent, divisent et questionnent.

Gaetano, dont la mère est morte peu avant, semble enraciné en Sicile, même s'il doit bien admettre que sa terre est une terre brûlée. A travers sa conviction et sa volonté de ne pas quitter sa tante, il semble plutôt être attaché au souvenir de sa mère qui le hante et qu'il ne veut pas perdre.

Et son père, plein de bonnes intentions, arrive tel le mal, tel l'avenir que Gaetano refuse, un avenir qui voudrait faire disparaître son passé.

 

Face à lui – mais sans réelle confrontation -, survit cet homme, échoué d'un rafiot qui a sombré en mer, étouffé par une vie dont il ne comprend rien et dont il souffre, étranger aux yeux de gens qui furent pourtant eux-mêmes victimes de racisme en tant d'autres contrées.


A travers ce personnage qui cherche seulement à survivre, venant de perdre tout sens à sa vie, c'est son propre avenir que voit Gaetano.

Celui qui lui est promis, au fond, s'il suit son père en Allemagne. Le statut d'immigré haï, d'immigré rejeté, non intégré, que l'on emploie pour les basses tâches et que l'on paye à bas prix.

 

Et quand bien même tout le pousse à fuir cette terre devenue hostile, Gaetano, le sac en bandoulière, hésite encore et encore...

 

La Terramadre, l'air de rien, est un film vibrant, qui ne tombe pas dans un pathos inutile.

Poignant sans aller jusqu'au chef d'œuvre, il n'en reste pas moins efficace et distille ses idées sans se laisser emporter par des jugements tranchés.

Agréable à l'œil et à l'esprit, ce film est d’autant plus à voir en ces temps où les étrangers semblent si dépréciés...

 

Ugo Schimizzi
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 00:00

Vingt-deux. C’est désormais le nombre de films appartenant à la série des James Bond, si l’on excepte le non-officiel Casino Royale – premier du nom – sorti en 1967, parodie délirante des aventures du plus célèbre agent secret de la planète – avec Peter Sellers à l’affiche.

Quantum Of Solace est ainsi le dernier opus de cette série vieille de quarante-cinq ans. Mais il n’a plus grand chose à voir avec ses prédécesseurs, hormis Casino Royale – deuxième du nom -, sorti en 2006 et qui marquait un tournant dans les aventures de 007, désormais bien plus proche du personnage crée par Ian Fleming.


Quantum Of Solace
ne fait donc que confirmer cette évolution qui entraîne le spectateur à des années lumières d’un Moonraker, par exemple. Certes, Bond est toujours un agent du MI-6, les services secrets britanniques, il est plus que jamais indestructible et les scènes d’actions demeurent totalement improbables, à la limite de l’ennui à certains moments.

Cependant, Daniel Craig, qui interprète James Bond pour la seconde fois, a nettement plus la « gueule de l’emploi » que les cinq autres acteurs qui l’ont précédé.

Fini le brushing parfait en toute circonstance à la Pierce Brosnan ou Roger Moore et l’allure du parfait playboy à la Sean Connery. Bond prend sans cesse des coups, se cogne dans tout ce qu’il rencontre et tombe dès qu’il se retrouve en situation surélevée. Il est donc parfaitement logique qu’il ait un visage de boxeur à la Craig et qu’il n’opte pas pour une coupe de cheveux qui nécessite un long entretien quotidien.

Finies aussi les petites blagues « so british » qui ponctuaient jusqu’ici chaque scène d’action et qui n’ont jamais eu droit de séjour dans les romans de Fleming.

Fini encore – ou presque - le tombeur invétéré de ces dames - dont la fameuse James Bond Girl principale -, trop souvent partagé entre l’envie de sauver le monde et celui de perpétuer l’espèce.

Fini enfin l’usage à outrance de gadgets forts sympathiques mais trop souvent ridicules, qui donnaient à l’agent 007 un air de grand enfant.

Conclusion: James Bond a enfin grandi, il est entré dans l’âge adulte et a même découvert le sentiment amoureux. Il est donc sur la bonne voie, celle tracée par son « père » Ian Fleming, et même si quelques corrections s’imposent encore, l’agent secret au permis de tuer reviendra sans aucun doute à de nombreuses reprises dans de nouveaux épisodes, qui prolongeront la série la plus prolifique de l’histoire du cinéma.

 

Sur les écrans depuis le 31 octobre.

Maxime Freyberger


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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 18:00

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le réalisateur Laurent Cantet n’est pas du genre frileux : s’attaquer au sujet, ô combien délicat, de l’école en France, ça impose d’entrée une certaine admiration. Car l’école, tout le monde a son avis sur elle, résultant d’une expérience personnelle d’élève mais aussi, et malheureusement trop souvent, du traitement volontairement spectaculaire des médias ainsi que de l’analyse de certains intellectuels, qui n’ont pas la moindre connaissance du « terrain ». Un terrain qui, comme en sport, comprend deux camps qui s’opposent : celui des apprenants et celui des adultes qui composent l’équipe éducative ; deux camps par lesquels il faut obligatoirement passer pour pouvoir prétendre savoir ce qui se joue, chaque jour, « entre les murs » d’un établissement scolaire.

« Entre les murs » a beau être un film de fiction, il permet au spectateur de s’immerger dans la réalité de la vie d’un collège de nos jours, d’épouser tour à tour le point de vue des professeurs et des élèves, d’être le témoin de l’existence de ce mur qui se dresse entre les adolescents et les adultes. Un mur qui se fissure un jour et qui compte une brique supplémentaire le lendemain. Tout est constamment à refaire, rien n’est jamais acquis dans cette relation toujours sur le fil du rasoir, traversée par des moments de doute, de joie, d’étonnement, de découragement.

Quiconque s’est déjà retrouvé seul face à des élèves dans une salle de classe, ne pourra qu’être troublé par la mise en scène si proche de la vérité de Cantet. Le réalisateur de « L’emploi du temps » parvient à capter ces petits instants si souvent vécus dans un établissement scolaire. De plus, il réussit à montrer la « vie au collège » dans sa grande globalité, chose inédite au cinéma ; apparaissent ainsi, aux côtés des élèves et des « profs », une partie des autres représentants de la communauté éducative : principal, conseiller principal d’éducation, personnel de cuisine et d’entretien, surveillants. Le réalisateur nous invite même au conseil d’administration - où l’on parle du barème des sanctions mais aussi des problèmes liés à la machine à café -, au conseil de classe – quelque peu perturbé par les délégués - et, pour finir, au conseil de discipline.

A travers le personnage du professeur de français - interprété par François Begaudeau, co-scénariste du film et auteur du livre intitulé lui-aussi « Entre les murs » -, Laurent Cantet souligne l’importance primordiale de la maîtrise de la langue. Car pour franchir le mur qui sépare adultes et adolescents, la première condition est que chaque protagoniste puisse communiquer avec l’autre, qu’ils partagent tous le même langage : le français.

Et ce problème ne se limite pas à l’enceinte scolaire ; il se pose également pour les parents de la majorité des élèves de ce collège étiqueté « difficile », qui sont d’origine étrangère.

« Entre les murs » est un huis-clos où l’on ne voit à aucun moment les personnages évoluer à l’extérieur. Tout est filmé en caméra à l’épaule – Cantet utilisait trois caméras pour les scènes dans la salle de classe -, il n’y a pas une seule seconde de musique pendant les deux heures du long métrage. Enfin, tous les acteurs sont amateurs, ce sont de vrais professeurs et de vrais élèves, qui ont été sélectionnés lors d’ateliers mis en place au collège Françoise Dolto et animés par François Begaudeau et Laurent Cantet lui-même. Et c’est l’énergie dégagée par tous ces comédiens qui a séduit le jury du dernier Festival de Cannes, qui a récompensé le film en lui attribuant la palme d’Or.

Et après la palme, l'Oscar? "Entre les murs" vient tout juste d'être sélectionné pour représenter la France dans la catégorie du Meilleur Film Etranger aux Oscars 2009...En attendant le verdict, le film fera l'ouverture du prochain Festival du film de New York. La reconnaissance internationale est en cours!

Maxime Freyberger

 


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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 03:30

Documentaire sur le procès « attenté » à Charlie-Hebdo par des organisations musulmanes, au motif de la publication des caricatures danoises de Mahomet dans l’hebdomadaire satirique.

 

Ce documentaire est particulier à plus d’un titre : on ne nous apprend rien, pour peu qu’on ait un brin suivi l’affaire des caricatures. Daniel Leconte, le réalisateur, est partie prenante car témoin de la défense et pro-Charlie Hebdo. Et surtout, parce qu’à moins d’être de la partie adverse, il se termine bien.

Habitués aux crises énergétiques, écologiques, sociales, économiques, les « subprimes », les conflits et la guerre, ça nous change. Ici ce n’est pas - toujours - drôle mais à la fin la raison l’emporte.

 

Pas d’images du procès, qui est relaté par de courtes interventions des protagonistes : Philippe Val, le directeur de la publication de Charlie Hebdo, ses journalistes et dessinateurs, les avocats des deux parties et un prêtre catholique, le seul témoin présenté par l’accusation. Son témoignage indécent - il dit et répète que le Hezbollah, organisation terroriste, est plus haut dans son échelle de valeurs que Charlie Hebdo -éclaire sur la nature de l’affrontement : d’un côté des dessins, aussi choquants et irrévérencieux soient-ils ; de l’autre des assassinats - le film démarre par le meurtre de Théo Van Gogh - et des menaces de mort. Les membres et collaborateurs de « Charlie » ont été sous protection policière permanente. Mohamed Sifaoui, lui, l’est toujours, et ce depuis des années pour ses dénonciations de l’intégrisme.

 

Alors, OUI, ce documentaire est de parti pris. OUI, l’accusation n’a presque pas la parole, aussi parce qu’elle l’a refusé - voir la scène où Val et le recteur de la mosquée de Paris discutent après leur intervention au JT de France 2,  mais les sbires du recteur interviennent pour interdire à la caméra de filmer. OUI, il ne faut pas être un con pour pouvoir l’apprécier. Mais le parti pris n’est pas de suivre un procès thèse-antithèse-synthèse/jugement.

C’est de suivre des hommes et des femmes qui travaillent pour développer la conscience et l’esprit critique en nous faisant marrer et qui se sont retrouvés pour un temps, par démission de leurs collègues, des institutions et des gens de pouvoir, défenseurs d’un droit fondamental : la liberté de parole. Qui forcément sous-tend la liberté de penser, expression à « dé-pagny-tiser » pour pouvoir l’employer à nouveau sérieusement.

Du bon boulot : on suit l’avant-procès, on assiste à la naissance de la couverture « c’est dur d’être aimé par des cons », et l’on ressent la vague de soutien qui monte, les renforts, dont des politiques de premier plan, qui s’expriment, et surtout les applaudissements au tribunal pour les gars et filles de « Charlie ».

La salle des pas perdus, où Caroline Fourest et d’autres tentent le dialogue avec des gens qui ne comprennent pas, qui surtout n’écoutent pas. La pédagogie face au dogme, à l’automatisme.

La hargne de Val : « Il y a des meurtres, des attentats, on nous fait peur, et on aurait en plus pas le droit de se foutre de la gueule de ceux qui nous font peur ? »

L’émotion de Sifaoui, musulman et collaborateur régulier de Charlie, républicain convaincu.

La jouissance drôlative des plaidoiries de Maîtres Malka et Kiejman.

Pas de poncifs, aucune longueur, de l’énervement parfois, mais singulièrement de la joie et du plaisir. Ca fait du bien de voir ça.

 

Les intégristes n’ont pas d’humour ; le procès de « Charlie » a malheureusement été voulu par des organisations censées représenter tous les musulmans, y compris les musulmans laïques.

Val et ses amis répètent à l’envi que non, les musulmans ne sont pas réductibles à ceux qui se réclament d’une religion pour tuer, mais qu’il est nécessaire de se moquer de ces derniers. Et que, confirmation par la relaxe, en démocratie, on peut se moquer des religions, même méchamment et pas forcément avec élégance.

 

Le film se termine par un plan extérieur du tribunal, les drapeaux au vent. Un symbole de l’Etat, pour une fois associé à la liberté et au bon sens.

 

Je vous assure, musulmans, athées, croyants…. c’est pas dur d’aimer ce film.

 

Au cinéma le 17 septembre.

 

Cyril Rivière




Plus avant avec Daniel Leconte

 

Pour accompagner la sortie du film, de leur film, certains protagonistes accompagnent le réalisateur Daniel Leconte pour des débats dans les salles françaises. L’occasion d’un petit entretien en aparté.

 

Et à Metz, c’est particulièrement savoureux, car c’est Maître Szpiner, l’avocat des plaignants, présent et virulent dans le film, qui doit l’accompagner.

Le jour dit, déception, car il est retenu à Paris. Heureusement, le réalisateur et l’avocat se connaissent, assez pour que Daniel Leconte se fasse non l’avocat de l’avocat, mais son représentant.

 

Réaliser un documentaire sur un procès et en même temps en être un témoin, cela pose le problème de l’objectivité, non ?

La seule distance, c’est d’essayer de comprendre le point de vue des plaignants. Avant de combattre, il faut comprendre. J’ai envie de comprendre, de comprendre pourquoi ils sont cons.

Pas tant de l’objectivité que de l’honnêteté intellectuelle.

 

Vous êtes le réalisateur, vous étiez témoin pour Charlie-hebdo, et là en plus vous représentez la partie adverse. Ca ne fait pas trop de casquettes ?

Non, car je connais assez bien Francis Szpiner  pour savoir ce qu’il pense et ce qu’il vous aurait dit. Et comme il m’accompagne parfois pour la promotion du film, c’est qu’il doit estimer avoir été pas mal représenté.

 

Pourtant sa partie a très peu la parole dans le film.

Ils n’ont présenté qu’un seul témoin, et Dalil Boubakeur (recteur de la grande mosquée de Paris) est la seule personne à avoir refusé d’être dans le film.

 

Le film alterne les ambiances…

On retrouve en quelque sorte l’opposition de deux théâtres, le traitement disons émotionnel,  dans la salle des pas perdus d’un côté, et de l’autre la sérénité de la salle d’audience, qu’il fallait représenter.

 

…mais souvent, on voit ceux de « Charlie », y compris leurs avocats, qui se marrent.

Oui, car ils se marrent tout le temps, c’est jubilatoire ! Et le film devait être comme ça.

 

Quel regard portez-vous sur le procès maintenant ?

Ecoutez, durant tout le procès, les débats étaient de très haut niveau, chacun a pu aller au bout de son argumentation. Mais surtout, cette décision est incroyablement importante, elle engage la République française, et rappelle les règles de séparation de l’Eglise et de l’Etat. La force de ce procès, c’est d’ouvrir un espace démocratique sur les dérives de l’islam.

Et à la fin, que la justice française donne raison à Charlie-Hebdo, c’est savoureux quand même.

 

Les dérives de l’islam ?

Oui, regardez les meurtres, les attentats à Paris, à New York, à Washington, à Londres, à Madrid, tout ça est l’œuvre de personnes se réclamant de l’islam. Et il n’y a pas d’excommunions ou équivalent.

C’est un combat pour moi depuis longtemps.

 

Le jugement, le témoignage de votre film, quels sont leurs effets ?

Mon film va participer, j’espère, à contribuer à changer les mentalités. Je trouve déjà que, depuis le jugement, les médias ne sont plus aussi convenus sur le sujet. Il y a moins cette assimilation, dite ou non, de musulman égale terroriste, ce qui les empêchait de critiquer. Or, ce n’est pas la même chose de critiquer une religion que de critiquer des personnes.

Et puis, vous savez, même les gens bien intentionnés, s’ils n’ont pas la possibilité de critiquer, ça enferme, et on se tourne à ce moment là vers les seuls à émettre un discours non convenu, l’extrême-droite.

 

Le droit d’exercer la critique est donc démocratique. Qu’en pense la partie adverse ?

L’important, pour eux, était de canaliser l’indignation dans un tribunal, en venant demander réparation. D’éviter que ça dégénère dans la rue. Cela participe à l’apaisement de la société française.

Là, la machine judiciaire est un exemple extraordinaire, c’est dire à une partie « vous êtes dans le jeu », « vous faites partie de la société française ».

Réellement, Dalil Boubakeur ne tenait pas à ce procès, il y a été contraint par la pression.

 

Pour finir, vous avez eu du mal à produire votre film. Est-il bien diffusé, le sera-t-il plus tard dans des écoles par exemple ?

Je le souhaite, ce peut être une sorte de boîte à outils intellectuels.

En fait, au départ, j’ai décidé de le produire moi-même car les financeurs ( les groupes télés) ne souhaitaient pas s’y engager. Depuis, ils sont revenus, et le film passera sur Canal et plus tard sur France 2.

Et pour tout de suite, au cinéma dans une soixantaine de salles, ce qui est beaucoup pour un documentaire. Tant mieux, les gens y auront plus facilement accès.




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sur le site de nos partenaires les cinémas Caméo ( Ariel - 24, rue du Palais à Metz Centre Tél. : 03 87 18 99 95 et Palace - Place St. Jacques Metz  Centre - Tél. : 03 87 18 82 49 )

 

Pratique : vous disposez du parking de la cathédrale, proche des cinémas, pour le prix de 0,50 Cts de 19 H à 1 Heure du matin !

 

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* 5,80 € pour les "seniors" (+ de 60 ans) (sur prés. pièce d'identité)

 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 03:00


Réalisateur : Tim Burton

Date de sortie DVD : 27 août 2008

 

 

Cet univers, cet univers de sombre, de magnifiquement sombre… Même s’il tend à faire peur, il fascine, il attire le regard, vous plonge subrepticement dans une nuit permanente où l’âcreté du sang jaillit aux sens. Tim Burton est le maître de cet univers de rêve, de mystère et de romantisme noir comme seule la littérature anglaise du XIXème siècle en a offert à l’humanité. Monsieur Todd est l’artisan façonnant au rasoir un acte de vengeance passionné, d’un cœur déchiré, d’un père et d’un époux désavoué. « La tête en arrière… », « relevez le menton… », « voilà parfait… » : Johnny Depp magnifie le personnage ; il est coutumier du fait dans ces rôles précédents, certes… Epaulé par la délicieuse Mrs. Lovett - Helena Bonham Carter - qui accommodera en tourtes les dommages collatéraux de cette vendetta, il va noyer son officine sous le sang.
La lame d’argent glissant dans la chair d’une oreille à l’autre et ouvrant un canyon d’où jaillit des fontaines de sang fumant... Le déchirement des chairs devient cathartique, un remède de patience jusqu’au bouquet final.

 

Tout le film est nimbé d’obscurité, de noirceur, où le rouge écarlate contraste volontiers avec la pâleur victorienne des visages. N’existe qu’une seule séquence ensoleillée : elle est douce et sucrée, comme sortie de La Mélodie du Bonheur de Robert Wise. D’ailleurs, cette approche du genre de la comédie musicale par Tim Burton, qui a probablement voulu suivre les traces de Stephen Sondheim sur ce thème, et son intégration quasi permanente à l’esthétique du film achèvent de séduire par son originalité : un massacre en chansons, un lyrisme de l’abattoir. Même pour les gens qui n’apprécient pas ce genre spécifique de la comédie musicale, ça tranche dans le vif, c’est beau. Un petit conseil : regardez ce film en version originale ! En effet, si vous le visionnez en français, le passage incessant de la langue française pour les séquences parlées à la langue anglaise pour les séquences chantées va vite vous agacer et dénaturer l’esprit général de l’œuvre.

 

Encore un chef d’œuvre à l’actif de ce réalisateur de génie et qui agrémente la filmographie presque intouchable de Johnny Depp. Burton, on aime ou on déteste. Avec  ce Sweeney Todd, levons-nous et applaudissons !

 

Robert Stumpel


Bande-annonce:

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