9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 02:26
En plein cœur des élections aux Etats-Unis, avec pour principale revendication la guerre irakienne, les cinéastes américains nous livrent un nombre conséquent de films sur ce conflit; une occasion de dresser un pamphlet envers l'administration Bush et le traitement des médias : avec « Redacted », revu et corrigé, Brian De Palma n'échappe pas à la règle.
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Imaginez-vous dans un monde où aucune information ne vous parviennesans être retouchée, manipulée, en d'autres mots, «Redacted», c'est à dire rédigée et où la vérité ne tient qu'à un fil. Dix-sept ans après « Outrages », Brian De Palma récidive et nous livre sa deuxième incursion à travers les atrocités de la guerre en abordant, de manière fictive, un fait qui s'est véritablement déroulé. Nous sommes ainsi plongés au cœur d'une unité de soldats américains, ayant chacun choisi de filmer jour après jour leurs vies monotones en tant que «Gi's» et ainsi rendre compte de leurs quotidiens lors delarentrée au pays, jusqu'au jour où deux d'entre eux iront jusqu'à commettre le viol d'une jeune fille de quinze ans, suivie de l'exécution de sa famille.
 
Malgré l'atrocité du thème abordé, De Palma cherche avant tout à nous faire comprendre ce qui aurait pu pousser ces deux marines àuntel acte. C'est, de plus, l'occasion de découvrir le réalisateur sous une facette beaucoup plus engagée et, de ce fait, dresser un sévère réquisitoire envers le mauvais usage que les médias américains font des images parvenues d'Irak. Il signe ici un film choc dont le but principal est avant tout de montrer que notre rapport à l'image a bien changé depuis la guerre du Vietnam, un sujet justement abordé dans « Outrages ». En effet, contrairement à la dernière guerre que les Etats-Unis ont connue, la guerre irakienne ne permet pas un traitement direct de l'information, ni une totale liberté de la part des journalistes. Ici, le réalisateur nous montre une Amérique soucieuse de décortiquer les informations embarrassantes pouvant arriver aux oreilles du monde ainsi que l'autocensure pratiquée par les journaux affiliés au pouvoir. «La victime de cette guerre sera sans doute la vérité», voilà le portrait que l'un des soldats dresse de cette guerre : tout est dit. Afin de rendre cette réalité encore plus criante, nous sommes ainsi soumis à divers modes de communications envahissant notre quotidien tel que les blogs, les vidéosprovenant de « youtube » ou les documentaires iraquiens. Rien ne nous échappe, on voyage grâce à la vidéo servant de journal intime d'un soldat, à un documentaire français ou encore une vidéo d'un poseur de bombe. Par le biais de ces divers points de vues, le réalisateur nous prend à partie et nous incite à poser un nouveau regard sur la véracité des images qui nous sont proposées chaque jour. On comprend donc pourquoi le public américain lui a réservé un accueil qui n'est pas des plus chaleureux; accusé de présenter les soldats comme de dangereux énergumènes sans cervelle, le film n'a pas fait long feu et n'a duré que quelques semaines aux Etats-Unis.
 
Même si le thème du film se démarque totalement de ses confrères, les cinq dernières minutes nous rappellent la grande question que tout soldat se pose : comment vais-je réussir à vivre après avoir vécu de telles atrocités ?
 
Ophélie Binet


 

Retrouvez tous les horaires ICI sur le site de nos partenaires, les cinémas Caméo (24, rue du Palais à Metz Centre Tél. : 03 87 18 99 95 ) et Palace (Place St. Jacques Metz  Centre - Tél. : 03 87 18 82 49 )
 
Pratique : vous disposez du parking de la cathédrale, proche des cinémas pour le prix de 0,50 Cts de 19 H à 1 Heure du marin !
 
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* tarif réduit : 4,60 € tous les jours aux séances de 14h
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* 5,40 € pour les étudiants, (- de 30 ans) ( sur prés. justificatif), (sauf jours fériés)
* 5,40 € pour les lycéens de moins de 18 ans, (sur justificatif)
* tarif fidélité : 48,50 € les 10 séances, valable 1 an, cumul 3 personnes
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* 5,80 € pour les "seniors" (+ de 60 ans) (sur prés. pièce d'identité)
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 14:00
 
Je dois vous avouer ma grande déception : en allant délibérément visionner (non, personne ne m’a forcé !) le deuxième plus gros budget de l’histoire du cinéma français, j’avais l’envie, un peu malsaine mais si tentante, d’écrire un papier incendiaire et de dénoncer ainsi ces productions nationales qui osent faire des entrées (inadmissible !) Je souhaitais me mettre au diapason de cette critique française « parisiano-parisienne », que l’univers entier nous envie, sans doute en raison de son absence d’arrogance et de sa capacité remarquable à se remettre régulièrement en question…
 
undefinedEn outre, tout ou presque était réuni, dans ou autour du film, pour que je puisse le « descendre » dans les règles : spectaculaire « battage » anti-Astérix de la part de mes très chers confrères donc, succédant à une promo exaspérante qui a presque réussi à me convaincre de me laisser pousser la moustache et de me faire de jolies tresses ; présence au générique du mythe Alain Delon, personnalité réputée pour avoir un ego proportionnel au physique d’Obélix ; arrivée fracassante de l’incontournable, l’inévitable et heureusement unique Clovis Cornillac ; absence, enfin, d’Alain Chabat. Oui, j’allai pouvoir déverser des flots de haine ininterrompus sur ce long métrage, l’écraser à coups de menhirs, faisant peut-être même, en comparaison, passer « Romance X » pour un chef d’œuvre…
Malheureusement, je m’étais encore une fois « fais un film », et vous comprendrez alors le sentiment de frustration qui m’habite : « Astérix aux Jeux Olympiques » n’est pas mauvais, et même si ce n’est pas une « grande » œuvre qui marquera l’histoire du cinéma, l’ensemble est plutôt distrayant et divertissant. Et n’est-ce pas là, finalement, ce que l’on attend de ce type de films ?
 
Alors il est vrai que le scénario a dû être écrit au sprint, et que la majorité des gags fait rire à peu près autant qu’une rencontre de curling… Mais tout cela est rapidement oublié, principalement du fait de la performance des comédiens et de l’intérêt que suscitent les personnages qu’ils interprètent. A tout seigneur tout honneur : contrairement à la légende, « Monsieur » Delon semble avoir un humour certain, ainsi qu’une grande capacité à l’autodérision. Assumant son image véhiculée par les médias, il se livre à un exercice d’auto parodie assez jouissif, ne manquant pas une occasion d’évoquer sa filmographie, qui s’apparente plus au marathon qu’au tir à l’arc ! Alain Delon dans le rôle d’un empereur : la frontière entre la fiction et la réalité s’estompe sérieusement…
Face à lui, Benoît Poelvoorde est totalement fidèle à lui-même, c’est à dire excellent. Du classique donc… La vraie originalité aurait été de découvrir un Poelvoorde mauvais et critiquable, mais je pense qu’il y a autant de chances que cela arrive qu’un athlète français remporte le 10 000 mètres des J.O. de Pékin… Portant la quasi-totalité du film sur ses épaules, l’indispensable acteur belge ne dépareille aucunement en succédant à Roberto Begnini, Djamel Debbouze et autre Edouard Baer. Un regret pointe alors le bout de son nez : que tous ceux-là n’aient pas partagé l’affiche dans un même film. Une piste pour le quatrième volet ?
A côté du détonant duo César-Brutus, Frank Dubosc et Francis Lalanne (petite précision pour les plus jeunes : c’est lui qui a lancé la mode des cuissardes pour homme au vingtième siècle) se parodient eux aussi, et le résultat est franchement drôle. D’autre part, quelques apparitions bien amusantes viennent pimenter les aventures des Gaulois les plus célèbres du monde : Sim (avouez que la seule évocation de son nom fait rire !), Dany Brillant, notre « crooner » national, et surtout Djamel, qui apporte avec lui un peu d’humour « Chabat-Canal » tant apprécié dans l’épisode précédent. Enfin, cerise sur le gâteau, Clavier a disparu ! Et son remplaçant, Clovis Cornillac, qu’habituellement je supporte aussi bien qu’un cassoulet périmé, est étrangement digeste et nous fait presque regretter le fait que ce ne soit pas lui qui enfile le costume d’Astérix depuis le premier opus de Claude Berri.
 
Au final, « Astérix aux Jeux Olympiques » est moins bon que « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », mais nettement meilleur que « Astérix et Obélix contre César ». Médaille d’argent donc. Et dès lors que l’on aborde ce thème de l’argent, on peut légitimement se demander pourquoi ce troisième volet a été si coûteux, pour un résultat aussi moyen. Du gâchis ? Certes. Mais avant de crier au scandale à tout va, il est bon de rappeler que ce sont les millions d’euros que ce film récoltera, grâce aux nombreuses entrées et donc au succès commercial, qui permettront à la production cinématographique française de demeurer plutôt florissante et diversifiée, même si la plupart du temps elle oscille entre le mauvais et le très mauvais… et trouve généralement bonne grâce aux yeux, un brin défectueux, de la critique française « institutionnalisée », habituée à bouder tout ce qui ressemble de près ou de loin à un succès populaire.
 
Maxime Freyberger   
 
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 19:51
        Depuis 2003, les journaux télévisés nous livrent au compte-gouttes les nouvelles peu glorieuses de la guerre en Irak, massacres, attentats, nous rappelant, pendant quelques instants que, bien loin d'ici, soldats, femmes et enfants sont engouffrés dans les rouages de «la sale guerre», un conflit absurde projetant de jeunes militaires inexpérimentés au cœur d'un conflit qui les dépasse et laissant ainsi place à de sombres bavures, longtemps cachées au grand public. C'est dans cette optique, que le cinéaste britannique Nick Broomfield, nous livre son dernier bijou, «Battle for Haditha», permettant ainsi de faire la lumière sur un des évènements les plus sombres de la guerre en Irak, désormais connu comme le «massacre d'Haditha».
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19 Novembre 2005, Haditha, ville de rébellion irakienne, devient vite le théâtre d'un massacre sanglant, aujourd’hui considéré comme le plus meurtrier du conflit américano-iraquien. Il est tout juste 7h15, lorsqu'une bombe explose au passage d'un convoi de marines américains, causant ainsi la mort du caporal Terazas et les blessures graves de deux autres soldats. Le moral des troupes, déjà bien entaché par les attentats à répétition, pousse les « GI’s » à commettre l'irréparable, et ainsi à assassiner vingt-quatre civils en représailles dont des femmes et des enfants. Pendant six mois, l'armée américaine voulant calmer les esprits, publia un communiqué laissant entendre que le drame n'aurait fait que huit morts du côté des insurgés. L'affaire serait restée sous silence si un étudiant irakien en journalisme n'avait pas apporté de réelles preuves du massacre en filmant les corps inanimés des innocents tués par balles.
 
A la manière d'un documentaire, Nick Broomfield brise le silence et signe l’un des premiers documentaires-fiction traitant de la guerre en Irak, une plaie qui reste encore aujourd’hui à panser pour la plupart des Américains. Nous sommes plongés avec brio au cœur de la dimension humaine du conflit en suivant la vie de tous les protagonistes de cette guerre : les marines pleins d'idéaux, les poseurs de bombes, sans oublier les habitants qui assistent, impuissants, à cette logique de destruction. Ainsi, le but du réalisateur n'est pas de dresser naïvement le portrait des camps rivaux, représentant le bien et le mal, mais de fournir une explication à chaque motivation, y compris les plus inhumaines. On découvre des humains aux buts différents mais qui, finalement, se retrouvent dans le même bourbier sanglant. Ce n'est pas étonnant que l'une des premières phrases que l'on entend d'un marine se résume à: «Je ne sais pas pourquoi on est ici». En une seule phrase, Nick Broomfield donne le ton et permet de montrer tout le système d'instrumentalisation que subissent les principaux acteurs de cette guerre : les militaires américains tout d’abord, jeunes inexpérimentés pour qui l'armée est un exutoire leur permettant de quitter leur quotidien monotone des quartiers pauvres des Etats-Unis ; les poseurs de bombes ensuite, remplis de rancœur contre l’occupant; les « simples » habitants enfin, qui aspirent à trouver un jour un pays en paix.
 
L’originalité du film se révèle avant tout au travers des scènes difficilement soutenables mais toutefois criantes d'authenticité. Nous n’assistons pas à une démonstration de force, ni à des explosions spectaculaires ou encore à un déferlement de dialogues superficiels, mais à la description d'un Irak destructeur dont les scènes sont tirées de la réalité. Cette dure réalité prend tout son sens par le fait que certains marines, notamment Elliot Ruiz et Eric Mehalacopoulos, ont réellement connu les atrocités de la guerre en Irak même s’ils étaient tous deux rentrés aux pays au moment des faits. On comprend donc pourquoi se remettre dans la peau de marines a été une épreuve difficile et parfois déconcertante. La caméra, qui ne rate aucun détail des actions des soldats, nous transporte au cœur des combats, des rues d’Haditah, du chaos qui y règne. On se prend à s’émouvoir pour ce jeune soldat propulsé au rang d’adulte au fil des affrontements sanglants, pour ce jeune couple rêvant de vivre une vie meilleure en Jordanie, pour ces enfants à qui ont a volé leur enfance.
 
L’authenticité ne se trouve pas seulement dans le rendu visuel mais aussi dans les thèmes tabous abordés. Ainsi, sous sommes plongés au cœur des rouages de cette «foutue guerre» où les habitants sont tiraillés par la peur. La peur d’être pris à partie, d’être accusé à tort et d’en subir les conséquences irréversibles. C’est par le biais des femmes que le réalisateur met en avant ce dilemme, la peur d’être exécuté si on dénonce les coupables ou la crainte d’être accusé de complicité si on préfère tenir sa langue. Certaines scènes sont l’occasion de dresser un réquisitoire contre les hauts dirigeants du gouvernement américain qui se contentent d'envoyer leurs ordres pendant que leurs «boys» en payent le prix sur le terrain. «Prends soin de toi parce que le pays ne le fera pas à ta place», est l'un des conseils que l'on donne aux jeunes soldats encore inconscients du danger, de quoi nous faire redescendre sur terre.
Le film s’achève en soulevant un problème déjà abordé dans la «vallée d’Elah», de Paul Haggis: comment réussir à rester humain après avoir commis toutes ces atrocités, ou tout simplement réussir à mener une vie normale sans se laisser vaincre par sa conscience. «Battle for Haditha», on en ressort changé, sans doute amoché par le poids des images... Un film à méditer jusqu'au 28 avril, date du procès d’un des lieutenants américains présents au moment des faits.
 
Ophélie Binet


 
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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 16:00
Saviez-vous que le fait de traverser une rue peut prendre toute une année, et que les quelques mètres à franchir risquent de se transformer en des milliers de kilomètres ? C’est ce cas de figure, à priori improbable, que le réalisateur Wong Kar-Wai nous présente dans son dernier long métrage, à l’aide d’une variation sur la nécessité de laisser passer le temps afin de se chercher et de finalement réussir à se trouver.
 
« My blueberry nights » aurait pu ne durer qu’un tout petit quart d’heure, si l’héroïne avait choisi de franchir la porte du bar new-yorkais le soir de son départ, déclarant à cette occasion sa flamme au patron un brin romantique qui n’attendait que cela ! Le charmant couple aurait ainsi été formé dès les premières scènes, et l’affaire était bouclée…Malheureusement pour les deux protagonistes, et heureusement pour les spectateurs, qui n’auraient sans doute pas apprécié de payer leur ticket pour un film d’à peine quinze petites minutes, les choses ne se déroulent pas aussi facilement. Et de New York, nous irons jusqu’à Las Vegas, en passant par le Tennessee, en suivant l’inévitable voyage initiatique, ponctué de rencontres constructives et nécessaires, de la jeune femme au cœur brisé.
 
Wong Kar-Wai, surnommé (à bon escient ?) le « Tarantino chinois » depuis son film « Chungking express », réalise ici sa première œuvre en langue anglaise et situe cette comédie romantique aux Etats-Unis, ceci pour deux raisons : premièrement, le Président du Festival de Cannes 2006 souhaitait absolument diriger la musicienne américaine Norah Jones, qui fait ses premiers pas devant la caméra ; il désirait également démontrer l’universalité du sujet qu’il exploite, étant intimement persuadé « qu’il y a des choses que nous pouvons tous partager, quelle que soit notre race, notre culture, notre pays. Au-delà des langues, nous pouvons partager des émotions ».
Des émotions ressenties à travers l’évocation de différents thèmes présents tout au long du film : l’espoir, symbolisé par le personnage interprété par le comédien anglais Jude Law, qui refuse de se débarrasser des nombreuses clés, toutes porteuses d’histoires, laissées par ses clients, leur accordant ainsi la possibilité d’une suite heureuse ; l’addiction, qu’elle soit à l’amour, à l’alcool ou au jeu, dont il est possible de se soigner en mangeant de la tarte aux myrtilles… ; enfin, le temps qui passe, illustré au niveau technique par l’utilisation de l’accéléré dans de nombreux plans.
 
« My blueberry nights » marque surtout par la beauté  qui transcende l'œuvre du début à la fin. Celle de la musique tout d’abord, composée par Ry Cooder, déjà auteur de la bande originale de l’inoubliable et fabuleux « Paris, Texas » de Wim Wenders. Celle des images ensuite, signées Darius Khondji, qui, après avoir notamment travaillé avec Danny Boyle et Jean-Pierre Jeunet, nous éclabousse une nouvelle fois de tout son savoir-faire esthétique. Celle des actrices enfin, toutes plus rayonnantes les unes que les autres, à commencer par la troublante Norah Jones, qui déclarait récemment « ne pas se voir faire du cinéma à plein temps ». D’accord Norah, mais ne tarde tout de même pas trop, entre deux albums et moultes tournées, à retrouver le chemin des écrans blancs !
                                  
                                                                      Maxime Freyberger
 
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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 17:14
 La diffusion de la série reprend en France, sur Canal+ à partir du 22 novembre 2007, et la baisse de qualité se fait bien réelle, dans la lignée des saisons précédentes ….
 
Tous ceux qui croyaient naïvement que le brillant cliffangher de la cinquième saison de « 24 Heures Chrono » allait déboucher sur un vrai renouveau de la série peuvent aller se coucher… !    
 
 Si la perspective de retrouver un Jack Bauer retenu prisonnier et torturé en Chine était des plus excitante, c’était oublier un peu vite que les scénaristes du show avaient toujours été une belle bande de « feignasses » incapables de tenir leurs promesses. La fin de la saison 2 n’avait eu aucune suite dans la 3ème, la conclusion de la saison 4 n’avait été qu’un effet d’annonce
« foireux » ne débouchant sur rien d’autre que du vent… Logiquement, il en va de même pour cette sixième journée où tout revient à la normale dès la fin de l’épisode d’introduction, avec la routine habituelle faîte de menaces nucléaires, de Jack Bauer en unique sauveur de l’Amérique et d’un  Président dépassé par les évènements. Sauf que cette fois, la formule ne passe plus du tout.
 
 
  Pourtant, ça ne commençait pas si mal puisqu’un an et demi après la trépidante affaire impliquant Charles Logan dans un complot avec des terroristes russes, nous retrouvons le frère du défunt David Palmer à la tête de la Maison Blanche et avec une crise sans précédent à gérer. Les Etats-Unis sont victimes d’une vague d’attentats depuis onze semaines et la panique a gagné la population. Des bombes éventrent les bus, des kamikazes se font sauter dans le métro, la paranoïa est alimentée par les médias diffusant en boucle les atrocités quotidiennes… On n’a pas l’habitude d’entrer de plein fouet dans ce climat anxiogène et on admire l’audace des auteurs qui semblent amorcer une réflexion sur les mesures sécuritaires en période d’état de siège. Privation des libertés individuelles, fichage de tous les musulmans assimilés à des terroristes potentiels, ouverture de camps de détention provisoire… Le temps d’une « sous- intrigue » qui se révèlera totalement inutile, l’ombre de Guantanamo plane sur la série et le staff du bureau ovale se retrouve partagé entre une volonté d’imposer des méthodes fascisantes et désir de s’allier avec un ancien représentant de l’Axe du Mal ayant abandonné ses conventions intégristes. Sévèrement meurtrie et épuisée, l’Amérique semble ne pas pouvoir se relever, à l’image de Jack Bauer, fantôme sacrifié par le Président lui-même et qui présente des cicatrices profondes sur tout le corps. Le point de non retour sera atteint à la fin du quatrième épisode, lorsqu’une bombe nucléaire finira par éclater dans un quartier de Los Angeles, créant des mouvements de panique au sein de la population terrorisée. Observant la scène à quelques kilomètres, Jack Bauer fond en larmes et abandonne tout espoir, lui qui venait de tuer un de ses amis quelques minutes plus tôt, tout ça pour rien. Seul le goût « de la gerbe » lui reste dans la bouche.    
 
 
  Après cette fulgurante entrée en matière, « 24 Heures Chrono » aurait pu questionner la notion toute relative d’héroïsme dans un contexte de tragédie absolue, en sondant notamment les ambiguïtés morales que de telles situations désespérées engendrent sur les populations (sauver sa peau à tout prix quitte à écraser les autres au passage) ou en suivant les équipes de secours impuissantes envoyées sur les lieux de la catastrophe. Hélas, il n’en sera rien. Préférant s’en tenir au schéma mille fois vu et revu de la chasse aux terroristes, les scénaristes balancent leur postulat de départ à la poubelle comme s’il n’avait servi que de grand coup marketing. En une phrase, on nous explique que le nuage atomique a été emporté loin de la ville (un peu comme les retombées radioactives de Tchernobyl qui s’arrêtaient aux frontières de la France), autorisant les personnages principaux à continuer leurs petites affaires comme si de rien n’était pendant que les habitants de la ville ne s’affoleront que le temps d’une séquence de 5 minutes (la circulation routière semble étrangement fluide pour un jour d’explosion nucléaire…). Rédigeant leur scénario « à l’arrache » sur le coin d’une nappe, les auteurs préfèreront nous resservir une louche de romance lourdingue à la Cellule Anti Terroriste (Chloé pardonnera-t-elle à Morris d’avoir aidé des terroristes sous la torture et de noyer son malheur dans l’alcool acheté à la supérette du coin ?) ; Ils resserviront des tonnes d’idées déjà exploitées dans les précédentes saisons (la secrétaire du vice-président dans un remake de l’amant/espion de la saison 1), se vautreront dans le n’importe quoi pour le plaisir de tout faire «  péter » (pour prendre en otage la CAT, il suffit de passer par les égouts) et feront revenir d’anciennes stars de la série dans le seul but de les faire mourir comme «  des merdes »  (voir le traitement indigne réservé à Milos et Logan).  
 
 
De la réalisation novatrice de la première saison il ne reste plus rien et désormais
les split screen (écrans divisés) ne servent qu’à annoncer la coupure pub. Sean Callery se contente de refourguer paresseusement ses anciennes compositions musicales, l’intégralité du casting se distingue par sa transparence (la psychologie des protagonistes est sommaire pour ne pas dire totalement absente, à commencer par les méchants aux motivations proches du néant) et le concept de temps réel se résume à un gadget permettant d’habiller la série avec le joli chronomètre jaune à intervalle régulier. Bref, personne ne semble se préoccuper de ce qui se passe sur l’écran, à l’image des personnages, plus intéressés par leur vie privé que par la mort de cent vingt mille concitoyens,  ou par les téléspectateurs somnolant pendant les trois quarts de cette sixième course contre la montre !
Dans ce grand gâchis où les facilités à base de « nous avons intercepté comme par hasard un appel suspect » sont légions, seul Jack Bauer reste encore un élément digne d’intérêt. Eternel martyr devenu l’ombre de lui-même et avançant inexorablement vers la mort, l’homme a perdu tous ses proches et abandonné toute identité sociale en Chine jusqu’à vendre son âme pour sauver son ingrate patrie. Dommage que pour brosser ce triste bilan d’un héros fantôme au bord du gouffre (au sens propre comme figuré) les scénaristes se soient sentis obligés de transformer « 24 Heures Chrono » en saga familiale digne des « Feux de l’Amour ». Il y avait d’autres moyens pour raconter la lutte intérieure d’un homme contre ses pulsions violentes qu’en balançant une révélation minable sur l’existence d’un frangin maléfique (qui n’est autre que le chef du gang des oreillettes de la saison 5) ; ou encore qu’en parachutant un papa Bauer terroriste dont l’attitude totalement incohérente va enfoncer la saison dans les tréfonds de la médiocrité lors des 6 derniers épisodes dont les enjeux reposent sur un Kim Bauer au masculin.
 
 
La sixième saison de « 24 Heures Chrono » est la preuve ultime que les scénaristes n’ont plus aucun scrupule à prendre les téléspectateurs pour des imbéciles (comme avec la pathétique saison 4), préférant lui resservir sans cesse la même soupe en pensant que l’image de marque de la série masquera le goût de moisi. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil aux minis épisodes dérivés conçus pour lancer et conclure la saison, véritables arnaques dont l’unique intérêt est de faire la pub pour Toyota et American Express. Heureusement, les fortes chutes d’audiences constatées tout au long de la saison ont prouvé que les fans n’étaient pas encore totalement aveugles, poussant même les « showrunner » (rédacteur/producteurs) à faire leur mea culpa et à admettre leurs erreurs. Espérons qu’ils sauront enfin tirer les conclusions qui s’imposent, sans quoi la 7ème journée en préparation risque bien de franchir un nouveau palier dans le déclin qualitatif.
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 11:01
Présentés au festival de Cannes 2007, le hasard des calendriers a voulu que deux films d’exception sortent ensemble sur les écrans  ….L’occasion de refaire un bref voyage autour de l’édition 2007 du Festival en images, avec une galerie de photos exclusives en fin d’article …
 

Plébiscités par la presse et par le public, Roman de gare de Lelouch tout comme Persépolis (prix du Jury au festival de Cannes) de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud bénéficient d’une très bonne place au box office avec respectivement une 5 ème place avec 151 000  spectateurs juste après Pirates des Caraïbes et une 3ème place avec 289 000 spectateurs juste après Ocean's 13 pour la réalisatrice d’origine Iranienne et auteur de la Bande dessinée éponyme.

 

Réussite mondiale d’une indépendante en bande dessinée, Marjane Satrapi a créé une série d’albums en noir et blanc qui retracent avec humour ses aventures entre l’Europe et l’Iran où elle fréquenta le lycée Français de Téhéran. Le film adapte parfaitement l’univers de la Bande dessinée ce qui n’est jamais un défi facile à relever et il faut saluer la bande son d’Olivier Bernet en harmonie avec la B.D.

 
 

La bande son du film Roman de gare de Lelouch a lui aussi une importance prépondérante dans l’énergie légère et lyrique du film et c’est un hommage à Bécaud aujourd’hui disparu mais dont la magie du studio permet de redécouvrir des chansons réorchestrées et autres inédits. Après son dernier échec commercial de la trilogie des parisiens, devenu un diptyque par nécessité financière, Lelouch propose une œuvre inspirée de l’univers du polar : Film dans un livre ou livre dans un film dont le scénario très réussit fonctionne en synergie avec un tandem de comédiens révélés : Dominique Pinon et Audrey Dana. « Roman de gare », nommé ainsi entres autres pour rebondir sur des critiques acerbes et blessantes qui avaient qualifié le travail du réalisateur de « cinéma de gare ». Déstabilisé, Lelouch avait réellement songé à arrêter sa carrière de réalisateur, avant de repartir sur ce nouvel opus dont le tournage s’est fait sous un pseudonyme : Hervé Picard, son professeur de tennis et ami …

 

Présenté en avant première à Cannes, la projection du film avait ouvert sur un discours touchant du réalisateur qui a tout donné au cinéma et livre peut être son meilleur film avec l’énergie et les prises de risque digne d’un premier film ; Applaudi plus de dix minutes à la première projection du festival de Cannes, le premier film de Marjane Satrapi avait lui aussi convaincu spectateurs et critiques.  

 

Comment finir ce double coup de cœur mieux que par une galerie de photos originales prises lors de ce soixantième anniversaire du festival de Cannes…

 

            

                                                                                 HT F

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 17:09

" Le prix à payer" dépeint la banale histoire de Jean-Pierre un homme qui "fait des affaires" et dont l'épouse ne remplit plus le devoir conjugal. Désespéré, il se confie à son chauffeur qui compatit à son malheur, un peu trop universel. Celui-ci  lui proposera une solution clé en main résumée en une réplique de maître chanteur: "pas de cul, pas de fric".

 

On pense alors avoir à faire à un simple cas de prostitution conjugale. Mais le scénario devient un prétexte pour brosser sans concession les caricatures d'un homme porté sur "la chose" et d'une femme vénale, amourachée de sa carte gold.

 

Et parallèlement, notre chauffeur décide d'appliquer ses propres conseils.

 

D'un côté on déplore les maladresses masculines qui déteignent sur les répliques et de l'autre on s'indigne face aux calculs de femmes dépendantes et fières de l'être. Le scénario est rythmé par les scènes de ménages et un petit air d'accordéon accompagne les vacheries que Monsieur et Madame se préparent mutuellement.  Chaque personnage devient la victime de ses propres faiblesses et en devient pathétique.

On s’attendrit  et on s'en amuse aussi, parce qu'au fond…ce n'est pas bien grave. Et quand la caricature vise juste au point de flirter avec le vrai, on en rit…presque gêné.  

 

 Emilie Tellier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 14:44

En plus d’un titre accrocheur, « Pars vite et reviens tard », nous offre une belle affiche, une bande annonce convaincante, une superbe brochette d’acteurs : José Garcia, toujours plus épanoui depuis sa rupture avec le genre comique (« la vérité si je mens », « extension du domaine de la lutte », « le couperet », « la boite noire »), Marie Gillain, aussi fraîche et spontanée qu’à son habitude (« l’appât », « laissez-passer », « ni pour ni contre… »), Lihn Dan Pham que le réalisateur retrouve depuis l’inébranlable « Indochine », et bien sûr, l’éternel Michel Serraut.  Avec de plus, un Régis Wargnier qui nous laisse un bon souvenir, entre « Indochine » déjà évoqué, « Est-ouest » ou encore « une femme française » ; et de même une trame intéressante, celle de la lutte d’un policier contre un assassin projetant de lancer une nouvelle épidémie de peste sur la ville de Paris (tiré d’un roman de l’écrivain de talent Fred Vargas) ;  tout semblait réuni pour nous promettre, si ce n’est un chef d’oeuvre, au moins un bon polar !

 

 

 

Et pourtant… Pourtant, si les ingrédients sont tous de premier choix, la sauce, elle, semble avoir mal pris. On arrive dans la salle rempli d’espoir, on ressort en se disant qu’on aurait aussi bien pu voir la même chose chez soi. Car tout, dans ce polar, fait penser aux téléfilms bon teint du vendredi soir sur France 3. Depuis la musique caricaturale à l’arrière gout de cité de la peur (je crois que nous avons affaire à un serial killer…), soulignant chaque indice, en passant par le faux suspect qui traverse l’écran avec un regard d’assassin et qu’on ne reverra plus jamais, jusqu'à la très subtile mise en scène des coups de génie de l’enquêteur.  Chacun d’entre eux étant habilement suggéré par un éclair de lumière, tantôt produit par le flash d’un appareil photo, tantôt par le passage d’un métro dans la nuit, le tout, bien sûr, au ralenti. On en attendrait presque le sempiternel « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! » pour parachever le chef d’oeuvre.

 

On sent bien que dans tout cela, c’est la mise en scène qui laisse à désirer. Le jeu des acteurs reste de haut niveau, bien que dramatiquement plombé par la musique, inadéquate, lourde et pompeuse des le départ lorsqu’elle devrait céder la place et se faire oublier pour éviter de surcharger l’ambiance. Le scénario, lui, reste bien ficelé, nous menant habilement à un dénouement auquel on ne s’attendait pas, ce qui reste malgré tout assez rare dans ce genre de films. On sent, bien sur, qu’il a été épuré, légèrement vidé de sa substance, mettant de côté la profondeur des personnages. Notamment celle du héros dont la romance avec Lihn Dan Pham a si peu de consistance que la pauvre actrice aurait tout aussi bien pu ne pas faire partie du film. Pourtant, on reste intéressé, ce qui demeure une prouesse avec une mise en scène aussi bâclée.

 

Non, la faute n’en incombe ni a l’histoire, ni aux acteurs. C’est bien la surcharge d’effets de mise en scène inutiles, de ralentis pesants sur chaque suspect avant même que l’histoire ne le désigne comme suspect, de flashbacks en noir et blanc lorsque le héros tente de reconstituer les pièces du puzzle, qui rend le film aussi vide de sens. Et c’est bien dommage, car on a vraiment l’impression d’être passé a côté de quelque chose. On laissera donc ce film aux amateurs du livre, en espérant qu’ils ne soient pas trop déçus par sa maladroite mise en images.

On espère malgré tout, autant pour cette belle brochette d’acteurs que pour Régis Wargnier lui-même, qu’ils se remettent rapidement de cet échec pour revenir vers ce qu’ils sont : de grands artistes.

 

Pascal GATTY 

 

 

 

 

 

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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 23:41
                    
 
« Ne le dis à personne » : si l’expression est la clé de voûte du film, c’est peut-être la résolution qu’adoptera le spectateur en sortant de la projection tant l’adaptation du best seller d’Harlan Coben par le réalisateur de Mon Idole est décevante.
 
Tout commence sur internet quand Alex Beck (Francois Cluzet) reçoit un mail avec la photographie de sa femme (M-J Croze) …morte depuis huit ans ! S’engage alors une enquête à rebours sous forme d’une énigme à tiroirs qui concentre le suspense dans la révélation finale, ou du moins , devrait le faire car, dès le premier tiers du film, l’intrigue est déflorée !    
En effet, alors que le récit s’efforce de placer Alex au cœur d’une machination régie par un inextricable jeu de pouvoir (alléchant non ?), une scénette montre le directeur du conseil général organisant un concours hippique. Cette présentation, en totale rupture avec le déroulement de l’intrigue, du seul personnage politiquement influant de l’histoire nous fait immédiatement comprendre qu’il sera le coupable !     
Des maladresses grossières, il y en aura d’autres comme les cassures de rythme à contre –temps et les 10 minutes finales en huis clos où, sous la forme d’un aveu (flash-back assortis d’une voix off), toute l’intrigue se dénoue et se reconstitue chronologiquement, venant confirmer ce que le spectateur avait compris depuis bien longtemps déjà. Mais alors, à quoi diable ont servi les pénibles deux heures précédentes ?
 
Le film s’enorgueillit de courses poursuites sur le périphérique en forme d’exercice de style (huit caméras et 6 jours de tournage) mais les cadres qui coupent la tête des acteurs sont trop fréquents, tout comme le recours aux images de cartes postales  ( deux enfants au bord d’un lac gravent leurs noms sur le tronc d’un arbre avant d’échanger leur premier baiser à l’abris d’un bosquet débordant de fleurs ….c’est ça l’amour ?!?) pour que l’on puisse reconnaître un quelconque talent de prise de vue à son auteur.   
La photographie, froide et lisse, est incapable de  restituer les émotions de personnages insipides, réduits à la caricature de leur fonction ; l’amoureux : il souffre et il court; le policier : il est gentil et il doute; le conseiller général : il est méchant et ça se voit ! Du coup rien ne fonctionne ni l’identification au héros qui souffre ni même l’empathie pour les enfants brutalisés et violés, point de départ de l’imbroglio meurtrier si maladroitement présenté !
 
L’adaptation cinématographique est une gageure mais une chose est sûre, le film ne donne pas envie de lire le livre (1). Tout cela semble brouillon, un casting truffé de têtes d’affiche ne suffit pas, loin s’en faut, et Canet doit revoir sa copie s’il veut un jour pouvoir prétendre au titre de réalisateur.
Durry Julie
 
 
 
 
(1) Ne le dis à personne, d’après « Tell no one » d’ Harlan Coben, thriller 2h11, réalisation, adaptation, scénario et dialogues Guillaume Canet avec F.Cluzet, M-J Croze, A Dussollier, K Scott Thomas, F Bérléant, J Rochefort, M Hands, G Canet… produit par Les Productions du Trésor, M6 films et distribué par Europacorp.
 
 
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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 14:38
Sélectionné pour la quinzaine des Réalisateurs à Cannes 2006, ce film décalé, burlesque, trivial et parfois maladroit, philosophique et souvent profond, mais toujours baigné d’une énergie unique, nous apporta fraîcheur et folie.
 
Jamais la promisuité ne fut si grande entre génie et maladresse !
Le réalisateur pratique peut-être simplement le lâcher prise, sorte de thérapie impudique qui ne manqua pas d’agacer nombre de spectateurs quittant la projection, lors de la première du festival de Cannes;
 peut-être focalisés sur les imperfections, peut-être en pleine perte de repère ?…
 
Tout le film se construit comme une réflexion autour du métier d’acteur, et c’est l’occasion de scènes magnifiques avec Rachida Brakni et Marilou Berry, interprétant avec vérité et profondeur les élèves d’un cour de théâtre, donnant la réplique à Bertrand Bonello en professeur inspiré : sans doute l’une des plus belles scènes du film !    Aux antipodes de cette scène, les belles performances d’acteur de Benoist Fournier (Benoît ) en acteur lamentable (prise de risque quasi-suicidaire, d’improvisation maîtrisée), avec Jean-Claude Joerger (Julius) ou encore  Marie-T Picou réunis pour des instants d’exquis de médiocrité décalée !  Benoist Fournier étonne avec une prise de risque quasi-suicidaire d'un jeu improvisé mais maîtrisé par l'acteur...
Bref, on ressort de ce film, enthousiaste et désireux (curieux et craintifs) de voir le prochain HPG !
 
Le blog du film à
http://exister.skyblog.com  
 
 
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